Didier van Cauwelaert est top ! Un cercle de lecture, ça vous dit ?

J’ai fini de lire hier soir “Rencontre sous X” de Didier van Cauwelaert. Je suis grave enthousiaste 🙂 J’ai l’impression que c’est le meilleur livre que je n’ai jamais lu ! Des personnages très attachants avec des révoltes touchantes et jouissives, un humour que j’apprécie beaucoup (un peu façon “petit Nicolas”), une relation amoureuse atypique où plein de choses sont inversés…

En tous cas, ça m’a donné envie d’organiser un cercle de lecture ! On en faisait à Lyon l’année dernière : tous les mois, un livre et un rendez-vous chez quelqu’un pour en discuter, chacun ramène un peu à bouffer ou à boire… C’est chouette pour rencontrer de nouvelles personnes et pour découvrir de nouveaux auteurs !

Si ça vous branche, faites moi signe 🙂

Voici quelques passages (pas forcément significatifs) :

“Le jour où j’ai rencontré Talia, on a fait l’amour devant quarante personnes. Ensuite, on est allé prendre un verre. Et on a fait connaissance.” […]

” – Tu sais jouer au Trivial Pursuit ?
Je réponds non, histoire de lui dire une fois la verité
– Je vais t’apprendre. Viens chez moi à neuf heures, je te ferai un dîner. A moins que tu aies une fiancée ?
[…] Je me demande ce qui peut se passer entre une fille et un type qui ont pris l’amour à l’envers, qui ont commencé leur relation par ce qui en est normalement l’aboutissement. Que va-t-on faire du temps qu’on n’a pas mis à se désirer, à se rêver, à s’attendre ? Je ne sais vraiment pas si c’est du temps gagné ou du temps perdu.” […]

“Il a ajouté en bâillant :
– Remarque, le Trivial, ça crève aussi.
Je suis resté sans voix. Déçu, vexé. J’étais tellement sûr d’être le premier à connaître Talia dans son intimité… C’est drôle comme on réagit bizarrement, quand on commence à tenir à quelqu’un. Ca ne me gênait pas que Bruno l’ait sautée sous toutes les coutures, mais les imaginer assis en tailleur autour de la boîte à questions jaunes me déclenchait une vraie jalousie.”

[…]

“Je lui raconte ma mère, sa petite vie dérisoire et magnifique, toute d’amour sans rancune et de dégringolade heureuse. C’était une très mauvaise comptable mais on l’engageait quand même, à cause du plein emploi garanti aux Blancs. Et puis, à l’abolition de l’apartheid, les Noirs ont eu le droit d’accès à toutes les professions ; du coup ça a fait jouer la concurrence et elle s’est retrouvée tout de suite au chômage. Mais, en échange, les métiers les moins bien s’étaient ouverts aux Blancs, alors elle était devenue femme de ménage dans les bureaux, la nuit. Ca l’avait complètement épanouie : là, au moins, quand elle frottait, c’était propre ; elle n’avait plus l’angoisse de se tromper d’une virgule, elle ne se réveillait plus en sursaut à cause d’un zéro de trop.
– Tu en parles au passé parce qu’elle est loin, ou… ?
Je confirme, avec une moue, ce qu’elle sous-entend dans ses points de suspension. Elle me répond :
– Elle est pas loin, alors.
Ce n’est pas une voix de réconfort, de platitudes qu’on dit dans ces cas-là pour être poli et changer de sujet. C’est une voix de certitude, comme si elle avait connu et apprivoisé plein de morts autour d’elle.”

[…]

” – Je regrette, monsieur, mais au restaurant gastronomique la cravate est obligatoire.
Je m’excuse. Taila enfonce ses ongles dans mon bras, son corps raidi contre le mien. L’autre me désigne le rideau du vestiaire avec un air indulgent :
– Mais il est possible de vous dépanner
Une dame sort du rideau avec une cravate à rayures bleues, et me la donne en me disant s’il vous plaît. Je vais pour me dépanner, et puis je croise le regard de Talia et je reconnais l’expression. Cette colère contenue devant une injustice, cette lueur d’impatience et d’humiliation à me voir traité comme un figurant qui doit se mettre en conformité pour ressembler aux autres. Alors, très fort, je demande au maître d’hôtel :
– Vous auriez une culotte pour mademoiselle, aussi ?
Trois tables se retournent. Le type reste la bouche ouverte, la dame du vestiaire se fige dans son sourire à pourboire. Talia éclate de rire et me roule une pelle en se frottant contre moi. A l’aveuglette, je rends la cravate. On ressort en se tenant la main et on va manger dans un Mc Do”

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