Freinet et Collot

Je me suis intéressé à Fernand Oury (proche de Freinet), puis à Freinet, en 1ère année de prépa, après avoir lu Libres enfants de Summerhill de Neill. Ce bouquin m’a permis d’entrevoir qu’on pouvait faire autre chose que le système scolaire que j’avais vécu et que je vivais encore (qui m’avait saoulé allégrement et qui continuait à me saouler). En même temps, et avec les mêmes motivations, j’ai découvert Carl Rogers.

Ce que j’apprécie particulièrement chez Freinet, c’est la liberté qu’il a donnée aux élèves pour “tâtonner”, faire de “l’expression libre”, etc. En plus, il a mis en place des outils stimulants qui favorisent la communication (imprimerie, correspondance scolaire, etc.).

Ce qui m’a paru le plus pertinent, chez Fernand Oury, c’est la gestion des régles collectives. Il a mis en place des structures qui permettent aux enfants d’auto-gérer au maximum leur vie commune (notamment le fameux “conseil d’enfants”). De plus, il met en cause l’évaluation avec des notes et opte pour un système qui encourage l’évolution : les ceintures comme au judo.

J’ai rencontré Bernard Collot en janvier 2004 (à un salon organisé par des gens de la mouvance Freinet). Je me sens parfaitement en phase avec son approche pratique, même si les constructions théoriques qu’il construit ne m’éclairent pas. Ce qui m’intéresse le plus dans sa pratique, c’est qu’il dépasse les pédagogies “actives”. Ces dernières s’efforcent de rendre actif l’élève pendant le travail. C’est déja un progrès par rapport à la pédagogie “traditionnelle” – Collot l’appelle pédagogie du 1er type – où le professeur parle et croit ainsi déverser son savoir vers les élèves… Mais dans les pédagogies actives (2ème type), c’est le professeur qui “impose” les activités et le travail. Dans ce qu’il appelle la pédagogie du 3ème type, Bernard Collot s’efforce de mettre en place un environnement le plus stimulant possible, le plus relié possible à la “vraie vie” des enfants, et il cesse de vouloir être le déclencheur direct des activités. Il est parfois le déclencheur indirect (grâce à l’environnement stimulant mis en place), mais le déclencheur est souvent ce qui arrive aux enfants en dehors de la classe. C’est pour cela qu’il appelle cette pédagogie la pédagogie de la mouche. Les enfants sont libres et accompagnés…

Lisez le texte sur la pédagogie de la mouche, c’est vraiment un texte qui vaut le déplacement 🙂

Voici un site d’instits de la mouvance Freinet/Collot dont je suis le webmaster : Marelle

One thought on “Freinet et Collot”

  1. Je suis éducateur, je penses (si ça t’interesses) que nous seront amenès à débattre de pédagogie mais petite question (en rapport à cette organisation “auto-dirigée”) connais tu le scoutisme ? Les pédagogies qui y sont proposées (multiples, dans une évolution programmée vers l’autonomie selon les tranches d’âges) te surprendraient :o)

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