L’école du 3ème type (co-écrit avec Emilie, Philippe et Marielle)

3typeObjectifs

Que chaque enfant puisse :

  • entretenir une relation positive avec les savoirs et plus généralement avec tous les domaines d’activités,
  • développer ses envies d’activités, de projets,
  • aller au maximum de ses capacités,
  • être soi-même et poursuivre son développement personnel,
  • se connaître, notamment avoir conscience de ses atouts,

Quel rôle pour l’adulte ?

  • permettre aux enfants de s’organiser dans leurs activités et entre eux (réunions permettant la prise de décision, déplacement libre, …)
  • favoriser les intentions de chacun pouvant induire activités, projets (1),
  • enrichir l’environnement pour induire des intentions et permettre la réalisation de leurs projets,
  • permettre les processus d’apprentissages, les parcours et rythmes individuels :
    • développer les apprentissages à partir des activités enclenchées par les enfants,
    • accompagner les activités de chacun et en proposer le cas échéant,
  • réguler la dynamique du groupe : évaluer en permanence l’efficacité du fonctionnement de classe et proposer des modifications lors des réunions,
  • observer l’enfant, être à son écoute et évaluer en continu son évolution dans ses productions, de manière à faire des choix (2) soient les plus efficaces possibles.

La mise en œuvre

La mise en place d’une école de 3ème type est un long processus au cours duquel il peut s’avérer nécessaire d’instaurer dans les premiers temps des activités détachées du sens et d’une raison d’être immédiatement perceptible par l’enfant ; le but étant que ces activités disparaissent peu à peu pour laisser une place de plus en plus importante aux activités découlant des projets personnels des enfants.

Et les apprentissages dans tout ça ?

Lorsque l’apprentissage s’effectue au cours d’une activité dont l’enfant est à l’origine ou qui répond à une de ses intentions, il y a alors acquisition. (3)

Le programme n’est pas le point d’entrée. Il est une référence pour l’adulte. C’est sa préoccupation, pas celle de l’enfant.

L’enfant rencontre immanquablement des difficultés au cours de la réalisation de ses projets. Il accepte alors facilement ce que met en place l’adulte pour qu’il franchisse les caps qu’il reconnaît et dont il a besoin.

Emilie Evrard, Guilain Omont, Marielle Julien, Philippe Ruelen

(1) Nous cherchons à ce que les activités découlent de l’enfant et dépendent le moins possible d’un choix direct de l’adulte, car ce dernier ne peut être pertinent tout le temps pour tous les enfants. Par ailleurs, lorsque c’est l’enfant qui choisit, qui décide, qui entreprend par lui-même, il mobilise plus facilement ses capacités d’une part, et développe de la confiance en lui d’autre part, ce qui procure une assurance face aux activités et donc, aux apprentissages. C’est au cours de l’activité que le prof peut intervenir pour les apprentissages nécessaires ou suscités. A noter que l’intention d’un enfant ou de plusieurs peut être de recevoir un cours magistral de l’adulte !

(2) Chaque choix de l’adulte correspond la plupart du temps à une intervention (inciter, motiver, orienter, imposer, aider, faire aller plus loin …). Mais, il peut aussi correspondre à une non intervention (ne rien faire, laisser faire), ce qui ne peut être assimilé à du « laisser-aller », puisque c’est un choix raisonné.

(3) Ce qui nous importe avant tout, c’est la construction cognitive, psychologique, relationnelle, … de l’enfant dans ses propres rythmes et processus. Les compétences ne sont qu’une conséquence de cette construction. L’enfant se construit au sein d’un groupe par l’interaction permanente avec son environnement et dans l’interrelation constante avec ses membres.

Une notion est acquise uniquement lorsqu’elle peut être réinvestie dans une autre situation.

2 thoughts on “L’école du 3ème type (co-écrit avec Emilie, Philippe et Marielle)”

  1. Est-ce que vous êtes conscients de l’existence de l’école Summerhill en Angleterre?
    Je pense que c’est un exemple plus radical que le modèle que vous proposez, et aussi un exemple magnifique d’un courant de pédagogie totalement à contre-courant de l’éducation comme envisagée partout aujourd’hui et que nomme une auteure comme la répression de l’enfance.

  2. Oui, “Libres enfants de Summerhill” a été le déclic qui a fait que je me suis intéressé à la pédagogie alternative.

    A mon avis, Summerhill n’a pas un environnement assez stimulant… De plus, c’était une école que les parents choisissaient, donc la question du rapport avec les parents n’est pas du tout la même que dans l’école publique (l’école du 3ème type se passe actuellement dans certaines écoles publiques).

    Je vais bientôt publier un nouveau texte réactualisé à propos de l’école 3type…

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