Promettre ou ne pas promettre

« Lui, c’est un chasseur de viande », « il considère ses partenaires amoureux comme du bétail », « c’est une allumeuse », etc. J’entends parfois de telles critiques agressives envers des hommes ou des femmes dont les convictions sur la vie amoureuse sont proches des miennes. Ces critiques m’accablent, alors qu’elles ne me sont même pas adressées. En fait, j’aurais beaucoup de mal à supporter d’en être moi-même la cible. C’est pour cela que j’écris ce texte, pour avoir les idées les plus claires possibles. D’une part, je serai capable d’écouter les critiques et de répondre de façon non agressive. D’autre part, je serai plus compréhensible quand j’exposerai ces convictions. En plus de tout cela, ce texte peut amener des discussions sur le sujet, ce qui m’intéresse beaucoup, surtout bien sur avec les filles 😉

Voici mes choix pour ma vie amoureuse :

  • Je ne promets à mes partenaires amoureux ni l’exclusivité, ni la pérennité.
  • Quand j’ai une relation amoureuse (ou plusieurs), je ne fais rien pour me couper des autres filles.
  • Je suis totalement transparent sur l’état de mes relations amoureuses.

Utopie ? Immoralité ? Gâchis ?

Pas si vite ! Avant de répondre à ces trois réactions et de montrer les avantages de mes choix, je veux d’abord bien préciser ce que ces choix impliquent et ce qu’ils n’impliquent pas.

Ca n’implique pas la manipulation

J’exprime mes intentions et mes convictions, même si ça empêche une relation amoureuse. Par exemple, je ne vais pas promettre à une fille une relation exclusive et pérenne, sous prétexte que c’est le seul moyen d’entamer une relation amoureuse avec elle !

Ca n’implique pas une focalisation exclusive sur la sexualité

Les autres domaines m’importent aussi beaucoup dans une relation amoureuse. Même si une relation amoureuse est satisfaisante sur le plan sexuel, elle ne me conviendrait pas si elle est insatisfaisante sur le plan relationnel. Ce que je veux, c’est aimer la personne dans sa totalité, l’aimer sans retenue.

Ca n’implique pas l’indifférence

Le but n’est pas du tout de devenir indifférent à l’autre pour pouvoir changer de partenaire sans souffrir, comme on change de poisson rouge (encore qu’on peut – paraît-il – s’attacher à un poisson rouge…). Je crois sincèrement que mes choix permettent un meilleur attachement, une meilleure implication (j’explique pourquoi dans la partie « Les avantages »).

Ca implique une « démystification » de l’état amoureux

Je peux être amoureux de plusieurs personnes en même temps. Rien ne m’amène à considérer que l’état amoureux n’est destiné qu’à une seule et unique personne.

L’état amoureux n’est pas « divin ». Ce n’est pas une force extérieure à nous qui nous transcenderait ou nous dépasserait. C’est un état qui trouve sa source dans nos propres désirs. Il évolue au fil de la relation, en fonction des expériences.

Je ne cherche ni le « respect », ni la solennité dans une relation amoureuse. Il s’agit de troquer cette image de la femme déesse, contre celle de la femme complice, humaine et accessible…

Ca implique la gestion de la jalousie

Je pourrais avoir plusieurs relations amoureuses en même temps. Ce n’est pas un but en soi, mais ça pourrait arriver. Bien sur, j’accepte que mes partenaires amoureux fassent de même. Bien sur, j’imagine que ce n’est pas facile !

La première difficulté est simple, elle est liée à l’emploi du temps. Si ma partenaire a d’autres relations amoureuses, cela augmente le risque qu’elle ne soit pas disponible quand j’aimerais passer du temps avec elle. La multiplicité amoureuse amène donc un risque important de frustration.

Pire, la multiplicité amoureuse augmente la peur d’être abandonné. Ma partenaire, si elle se tourne vers quelqu’un d’autre, peut en arriver à vouloir me délaisser.

J’ai l’impression qu’en ce qui me concerne, ce sont les deux seuls problèmes. Mais comme je n’ai jamais vécu rien de tel, ça reste à vérifier…

Les avantages

Jusque là, j’ai surtout parlé des problèmes. D’une part, mes choix me coupent d’un bon nombre de relations amoureuses potentielles. D’autre part, ils amènent plus d’insécurité. Alors, pourquoi ces choix ? Je vois 4 grands avantages.

D’abord, ils permettent un meilleur épanouissement sexuel. J’ai observé que beaucoup de couples se contentent d’une relation qui n’est pas épanouissante dans le domaine sexuel. Leurs satisfactions sont plus liées au social (reconnaissance sociale, soutien matériel, envie d’enfants, etc.), au relationnel, à l’intellectuel, etc. Dans ce cas, pour développer la sexualité, il faudrait un environnement stimulant et la liberté d’aller vers de nouvelles expériences tentantes. Pourquoi un couple qui se veut exclusif ne pourrait-il pas offrir cela ? Mon hypothèse, c’est que, dans un sens, un tel couple a intérêt à ne pas trop donner d’importance à la sexualité : un fort « investissement » dans le domaine sexuel est une prise de risque insupportable, car il y a trop d’enjeux et de pressions dans les autres domaines. De toute façon, les motivations sont faibles : moins les gens sont développés sexuellement, moins ils sont motivés, plus leurs efforts pour aller vers la sexualité sont timides, et c’est un cercle vicieux. Pour stimuler tout cela, il faudrait un apport de l’extérieur ou des prises de risques, ce qui est précisément exclu.

On m’objectera que certains couples qui se veulent exclusifs arrivent à se développer sexuellement. Je constate que c’est extrêmement rare. A mon avis, vouloir l’exclusivité est un obstacle si important qu’il rend presque impossible un développement sexuel réellement intense. Je veux bien croire que cet obstacle puisse être parfois dépassé, mais cela exige une conjonction extrêmement favorable liée aux autres aspects de la relation et de la personnalité des gens. A l’inverse, mes choix n’exigent pas une telle conjonction si exceptionnelle. Ils sont, au contraire, eux-mêmes sources d’environnement stimulant et de liberté. Ils facilitent les expériences où la sexualité peut avoir une place centrale, exister pour elle-même. Mes choix sont ainsi une grande aide vers une sexualité plus riche et plus diversifiée.

Deuxièmement, cette diversité permet de mieux concilier l’attirance sexuelle avec l’attirance relationnelle et intellectuelle. Même dans les cas où il y a un certain épanouissement sexuel, les relations amoureuses sont souvent pourries par les problèmes relationnels, par exemple. Deux personnes tombent amoureuses alors qu’elles ne sont pas bien en phase sur le plan relationnel ou intellectuel. Elles tombent amoureuses à partir de certaines caractéristiques « esthétiques » ou sexuelles très précises du partenaire – que peu de personnes ont -, il s’agit du coup de foudre. C’est parce que peu de personnes ont ces caractéristiques qu’on a toutes les chances de « tomber » sur un partenaire avec qui les problèmes relationnels sont importants. Or, c’est un pari plus que risqué que d’espérer l’affaiblissement de ces problèmes au fil du temps ! A l’inverse, si une personne a une sexualité riche et diversifiée, les caractéristiques sexuelles du partenaire n’ont plus à être très précises. Cette personne est, en quelque sorte, polyvalente. Ainsi, à partir d’une relation qui colle au niveau relationnel et intellectuel, elle peut développer une attirance sexuelle pour l’autre. Parier que l’attirance sexuelle deviendra de plus en plus grande est nettement moins scabreux que le pari précédent ! Ainsi, je pense que mes choix permettent cette conciliation entre les différents domaines, et donc un attachement amoureux plus intense !

Ensuite, mes choix permettent d’établir un climat plus serein et plus constructif. Ils amènent à une augmentation de confiance dans la capacité à nouer des relations amoureuses épanouissantes. Ils amènent à ne pas voir le partenaire comme le seul et l’unique possible. Ces deux aspects permettent à chacun de respirer et de ne pas se sentir étouffé par l’autre. On peut oser, prendre des risques, se laisser-aller, s’exprimer plus librement y compris sur des sujets délicats comme les problèmes sexuels rencontrés, etc. Bref, il y a moins de pression négative.

Enfin, les ruptures amoureuses sont moins angoissantes et moins déprimantes. Quoiqu’on fasse, les désirs amoureux changent avec le temps et les possibilités de rupture ne sont jamais exclues (même dans un couple « classique »). Or, mes choix permettent, en cas de rupture, de ne pas se retrouver avec rien, de pouvoir se tourner vers d’autres personnes, de ne pas se fixer obsessionnellement sur une relation qui ne colle pas.

D’où viennent mes convictions ?

Le truc marrant, c’est que mes expériences dans le domaine sont quasiment nulles ! J’entends d’ici ceux qui rigolent, convaincus que je vais changer d’avis dès que je rencontrerai la « bonne personne », et ceux qui pensent comprendre pourquoi mes expériences étaient quasiment nulles 😉 Ces réactions sont parfaitement compréhensibles, sauf que… Sauf que :

Ce ne sont pas mes choix exposés plus haut qui expliquent la quasi-absence de mes expériences, mais un grand manque de confiance en moi (je ne voulais pas prendre le moindre risque, à cause de la peur de recevoir un éventuel « non », et de ma faible envie de recevoir un « oui » dont je n’aurais pas su vraiment trop quoi faire !). Au contraire, mes choix m’ont permis de « dédramatiser » les situations, d’être plus serein, plus « accessible » m’a-t-on dit. Mes progrès dans mes relations avec les filles coïncident avec les prises de conscience que j’expose ici.

Je n’ai presque pas d’expérience, mais je me base sur mes observations quotidiennes et sur des témoignages écrits. Mes convictions ont beaucoup changé suite à la lecture de livres de Michel Lobrot. Les analyses qu’il fait de sa propre vie amoureuse collent avec ce que j’observe dans la société et avec ce que je ressens en moi. Ca colle aussi avec les études de sexologie dont j’ai entendu parler (un jour, j’en ferai une synthèse)… En caricaturant, d’un côté, on a la misère sexuelle ambiante que j’ai décrite dans « Les avantages », à quoi il faudrait rajouter l’étouffement quand on ressent comme trop grandes les demandes (sexuelles ou sociales) de l’autre, l’angoisse omniprésente de l’abandon quand on les ressent comme trop faibles, l’animosité qui s’installent petit à petit, l’indifférence, etc. De l’autre côté, on a la vitalité amoureuse qui vivifie, qui enthousiasme, qui fait vibrer, qui permet des attachements forts et intenses, même si ça amène aussi à plus de souffrances et de frustrations. Entre ces deux mondes, j’ai fait mon choix 😉 En fait, sans rire, j’ai à peine l’impression d’avoir caricaturé !

Enfin, mon expérience n’est pas complètement nulle, et elle m’a fortement renforcé dans mes choix. Fin août, lors d’une rencontre de 10 jours, j’ai passé pas mal de temps avec, entre autres, une fille qui vit en Grèce. Je l’aime énormément sous tous ses aspects : physique, sensuel, relationnel, intellectuel, etc. Pas besoin que je détaille, de toute façon, on va me dire que j’idéalise 😉 Pour résumer – et parce que je n’ai pas envie de raconter en détail tout ce qui s’est passé -, nous avons échangé des baisers le dernier soir (dont je garde des souvenirs merveilleux), et de retour en Grèce, elle m’a écrit sans équivoque qu’elle m’aime aussi. Je vais aller la voir fin octobre.

Et bien, que se passe t’il les jours où j’ai moins confiance en moi, où je suis le plus tenté de la voir comme « la seule et l’unique » ? Je commence à angoisser, j’ai une pression néfaste, etc. En plus de me pourrir la vie, cette réaction rendrait ma compagnie bien moins agréable pour cette fille grecque. Au contraire, depuis plusieurs semaines, je me sens serein par rapport à notre relation. Je sens que je serais capable de surmonter tous les cas de figure, donc de prendre des risques, etc.

Est-ce que je sens cela parce que je manque d’attachement envers elle ? Question importante à laquelle j’ai du mal à répondre. Je sens un attachement important envers elle – lié non seulement à sa sensualité et sa beauté, mais aussi à sa façon d’être avec les gens, sa franchise, son rire, sa tendresse, sa liberté, ses convictions, etc. – mais j’imagine qu’il existe des attachements bien plus forts. Que se passerait-il si j’étais plus attaché à elle ? Est-ce que je me sentirais capable de surmonter tous les cas de figure ? Deux possibilités. Si le « surcroît » d’attachement était lié à la qualité d’échanges sexuels, cela m’amènerait à une nouvelle forme de confiance en moi, ce qui changerait ma capacité à surmonter les déceptions et les frustrations ! De toute façon, je considère que ce cas n’est malheureusement pas envisageable à court terme, car je sais qu’il me faudra du temps avant d’arriver à partager des plaisirs sexuels intenses… Si le « surcroît » d’attachement était lié à un autre domaine, je sens que j’aurais suffisamment de ressources pour surmonter tous les cas de figure. Bref, l’augmentation possible de mon attachement envers elle ne m’angoisse pas non plus 🙂

Tout cela fait que, quand je pense à elle, c’est en termes purement positifs. Je suis ainsi vingt fois plus enchanté de la revoir. Que du bonheur 🙂

Utopie ?

J’imagine que certains lecteurs pensent que « c’est beau d’être jeune » (j’ai 22 ans), que « ça va faire mal quand il va s’apercevoir que c’est impossible », etc.

Les difficultés sont là. Elles sont importantes. La plus préoccupante chez moi : la faiblesse de mon développement sexuel, de mes fantasmes, de mes pulsions, etc. Tant que j’en suis là, il sera probablement difficile de me sentir très attaché, très impliqué, de vivre pleinement une relation amoureuse. Le risque est de tomber dans une sorte d’indifférence. Heureusement, il y a la sensualité, où mes envies deviennent de plus en plus grandes et où j’arrive à avoir beaucoup de plaisir. En fait, c’est surtout quand je reçois, car quand je donne, j’ai une fâcheuse tendance à me centrer uniquement sur le plaisir de la personne à qui je donne. Ce que j’aimerais, c’est éprouver plus de plaisir quand je donne. Je verrais bien. De toute façon, je sais que ça risque de prendre du temps… L’autre difficulté importante réside dans le fait de trouver une ou plusieurs filles en phase avec ma vision des relations amoureuses. J’ai cru comprendre de façon claire que, pour les grandes lignes, la fille grecque dont j’ai parlée est dans ce cas 🙂

Plusieurs choses font que j’ai confiance malgré toutes les difficultés. D’abord, c’est les personnes que j’ai pu voir autour de moi pour qui cette approche « marche », notamment Michel Lobrot, et aussi d’autres personnes. Ensuite, je peux m’appuyer sur les domaines relationnels et intellectuels dans lesquels je suis à l’aise et où je prends facilement du plaisir ! Enfin, j’ai les idées très claires et je sais ce que je veux…

Je me lance donc dans une voie non pas utopique, mais difficile et périlleuse. Je comprends bien que tout le monde n’ait pas envie d’en faire autant !

Immoralité ?

J’ai une conception assez particulière de la morale. La seule morale que j’accepte est la suivante : est bien tout ce qui est bon pour moi (tout ce qui m’enthousiasme, me stimule, me construit, etc.), est mal tout ce qui est mauvais pour moi (tout ce qui me déprime, me fige, me détruit, etc.). On peut appeler cela l’égoïsme (Petit Robert : « attachement excessif à soi-même qui fait que l’on subordonne l’intérêt d’autrui à son propre intérêt »). Mais j’estime que ne pas être égoïste est une absurdité, un non-sens : pour subordonner son propre intérêt à l’intérêt d’autrui, il faut avoir intérêt à faire cela 😉 Je prétends que tout acte, même le plus désintéressé – le plus gratuit -, est fait dans le propre intérêt de son auteur. Il me semble impossible d’échapper à cela. Les gens qui se dévouent corps et âme, qui se sacrifient, qui adoptent une morale altruiste, etc. le font parce qu’ils sentent que c’est dans leur intérêt de le faire… Et ça n’enlève rien à leur générosité ! Alors, M. Robert, enlève le « excessif » de ta définition, s’il te plaît !

Bref, si être moral, c’est prendre en considération les intérêts d’autrui, alors mes choix ne sont pas incompatibles avec la morale. Certes, ils peuvent amener à faire souffrir les gens (moi y compris). C’est souvent le cas lorsqu’on décide d’abandonner la sécurité et de vivre les choses plus intensément. Que faire si une fille est amoureuse de moi et veut la sécurité ? Elle pourra espérer que je finisse par changer d’avis et entamer quand même une relation amoureuse ! Bon, d’accord, mais j’y peux quoi, moi ? Rien, à part expliquer pourquoi mes convictions sont solides et très établies, et insister sur le fait qu’elle risque de souffrir. La fille est alors mieux placée que moi pour savoir où est son propre intérêt et prendre sa décision !

Gâchis ?

Comme on peut changer de convictions au cours de sa vie, il serait dommage de se couper de relations amoureuses juste à cause de convictions passagères. Donc autant ne pas trop donner d’importance à ces convictions ! Ce raisonnement est fallacieux : c’est vrai qu’il est bon de garder en tête que je change au fil du temps, mais je ne vais pas renier toutes mes convictions pour autant ! Celles qui m’apparaissent suffisamment fondées, je n’hésite pas à m’appuyer dessus. Là, c’est largement le cas, et tel que je vois les choses, le gâchis serait plutôt de renoncer à mes convictions dans le but d’entamer une relation amoureuse qui serait impossible autrement… Ce serait une solution sûrement plus facile, mais moins riche, moins stimulante, moins épanouissante, etc.

Les enfants

Je n’ai parlé ici que de relations amoureuses, pas d’enfants. La venue d’un ou de plusieurs enfants entraîne des contraintes matérielles qu’il n’est pas question de refuser. Il faut fournir des ressources financières et du temps pour s’occuper des enfants. En ce qui concerne la vie amoureuse, toutes les considérations que j’ai faites me semblent encore valables.

Le lieu d’habitation

Commun ou pas commun ? Je pense que, tant qu’il est possible d’avoir chacun un chez-soi, cette solution est la meilleure. Un lieu d’habitation commun amène une pression supplémentaire, un système de dépendance qui introduit un enjeu étranger au domaine amoureux. Cela ne me paraît pas forcément ingérable, mais c’est des difficultés supplémentaires à surmonter…

Bisexualité

Dans tout ce texte, j’ai considéré que mes partenaires amoureux ne pouvaient être que des filles. En effet, actuellement, je ne suis attiré physiquement que par les filles. Mais je considère cela comme négatif, comme un blocage : à priori, il n’y a aucune raison pour rejeter les possibilités de plaisirs sensuels ou sexuels avec un homme. Je ne compte pas me forcer – ceux qui me connaissent me font confiance sur ce point 😉 -, mais intellectuellement, je ne vois aucun obstacle à la bisexualité.

Conclusion

On me dira que tout cela est justement trop intellectuel, alors que la vie amoureuse demande le lâcher-prise, etc. Oui, mais avoir les idées claires, ça m’aide beaucoup et ça n’empêche pas le laisser-aller… Paradoxalement, je me prends moins la tête, je suis plus détendu. Je sais ce que je veux, et c’est super agréable !

J’aimerais revenir sur le problème des critiques agressives, évoqué au début. Le phénomène qui m’apparaît est le suivant : à partir de l’observation de certains comportements (multiplicité amoureuse, par exemple), on a tendance à prêter des intentions à la personne (elle veut collectionner les relations, elle veut des relations amoureuses purement sexuelles, etc.). C’est ce raccourci qui est trompeur et fallacieux ! Il existe des gens qui acceptent la multiplicité amoureuse et qui ne sont ni des Don Juan, ni des gens ne cherchant que le sexe, ni des gens incapables d’attachement, etc. C’est vrai, ça, quoi ! Non, mais sans blague ! 🙂

Lyon, le 02/10/2004.

26 thoughts on “Promettre ou ne pas promettre”

  1. T’as peux être raison mais t’as surement tort.
    Malheureusement pour toi je pense que tu sous estime la jalousie.
    Maman m a envoyer une petite nouvelle exactement sur ce sujet et la fille finie par tenter de tuer son mari.
    Au bout de quelques années.
    Je pense qu’une c est déjà, pas mal (tu verras). C’est déjà pas évident a gérer.
    il n y a en effet aucunes raisons de se promettre l’exclusivité ni la pérennité mais le contraire parait impensable quand tu as trouve une personne qui te rend heureux rien par le fait de sa présence et triste quand tu es séparé d’elle. (si elle te répond “j’ai un créneau pour te voir dans une semaine pendant 3 heures”, tu vas finir par l’avoir un peu mauvaise).
    Il est quand même plus agréable de ne pas redouter “non ce soir je vais plutôt aller avec mon autre copain” qui doit être plus que ‘frustrant’ (après t’es oblige de sortir ton plan B…)

    En faite ton idée n’est pas tràs originale. Je suis curieux et intéressé de savoir si tu y arrives. Mais faudrait déjà commencer par une…

    Sinon, on te vois a noel ?
    Bon courage et a plus.

  2. J’adore tes commentaires, Grégoire 🙂

    “Faudrait déja commencer par une”… Et tu casses 😉 D’accord, un point pour toi… En attendant, je réitére mon idée : c’est pas forcément un bon plan de vouloir éviter les frustrations et la jalousie en se réfugiant dans l’espoir du couple épanouissant pour toute la vie. Comme j’explique dans mon texte, j’ai l’impression que plus tu acceptes les frustrations et les problèmes de jalousie, plus t’as de chance que la relation continue à être épanouissante… Bon, je dis ça, mais en fait, chacun sa merde, hein ? C’est facile pour personne…

    Est ce que je serai là à noël ? Euh… En fait, ça dépend surtout de comment ça va se passer avec Aggeliki…

  3. Hello,
    Si je suis largement d’accord dans les grandes lignes j’ai aussi qqs points de désaccord, mais j’ai surtout envie de t’aider à poursuivre la réflexion (et le débat entre nous 😉 en te posant quelques questions :
    · Peux-tu bien préciser ce que tu veux dire avec l’expression « en même temps » ?
    · Peux-tu imaginer avoir des rapports sexuels avec des personnes différentes dans un intervalle de temps très court ?
    · Est-ce-que tu peux envisager une relation purement sexuelle ? Qualifies-tu ce type de relation d’amoureuse ?
    · Peux-tu avoir une relation sexuelle avec une femme mariée ?
    · Que fais-tu quand les conditions ne te permettent pas clarifier immédiatemment la situation avec la fille (tout va très vite en une soirée, ou alors la fille n’est pas intéressée à écouter tes discussions mais veut vivre qqch, ou hésite…)?
    · Quelle est ta position face à la pédophilie ?
    · Face à la zoophilie ?

    Quelques commentaires quand même :
    · L’état transcendant amoureux existe je pense, même s’il n’est que provisoire c’est clair ; ça fait partie des choses qui embrouillent beaucoup de gens je crois.
    · Je ne suis pas d’accord que moins les gens ont des rapports sexuels, moins ils sont motivés pour en avoir etc. C’est peut-être vrai la plupart du temps mais il s’agit d’un domaine de pulsions, tout le monde en a.
    · Je ne suis pas d’accord que le coup de foudre ne serait qu’ « esthétique ». Pour moi c’est aussi une question intellectuelle (le fait de se sentir compris et sur la même longueur d’onde).
    · Dommage que ce texte qui montre une vision positive commence et se termine sur la défensive par rapport à la société.
    · Ne t’inquiète pas pour ton développement sexuel, c’est sur que ça va venir 😉

  4. Quand j’ai écrit “en même temps”, je ne pensais pas à se retrouver à 3 ou plus… Je pensais à un “partage d’emploi du temps”, si je puis dire. Ceci dit, je n’ai a priori rien contre se retrouver à 3 ou plus, du moment que tout le monde est consentant 😉 Mais c’est pas vraiment mon trip du moment !

    J’ai déja du mal à imaginer avoir des rapports sexuels avec une seule personne, alors avec plusieurs dans un intervalle de temps très court… Mais encore une fois, s’il y a transparence et consentement, il n’y a aucun problème !

    Je ne qualifierais pas de “relation amoureuse” une relation purement sexuelle. Je pourrais éventuellement envisager une telle relation, avec les mêmes remarques que précedemment : c’est pas mon trip du moment, il faut la transparence et le consentement…

    “Peux-tu avoir une relation sexuelle avec une femme mariée ?”. Question que je n’ai pas encore résolue. C’est pas le problème de mariée ou pas mariée, c’est plutôt ce problème : si une femme est en couple, et ne veut pas dire à son partenaire qu’elle le “trompe”, est-ce que j’accepte une relation amoureuse avec elle ou pas ? C’est un terrain miné, il me semble… Mais au fait, pourquoi tu me poses la question ? 😉

    Si je ne peux pas clarifier directement la situation ? Ben j’y vais, pardi 😉 De toute façon, si on n’a pas eu l’occasion de clarifier, il s’agit explicitement d’une relation qui n’est liée ni à une promesse d’exclusivité ni une promesse de pérennité…

    La pédophilie ? Je parlerai de ce problème plus tard. Il est en fait très complexe : bien sur, je suis pour protéger les enfants contre les abus sexuels des adultes, mais il y a plus d’enjeux que cela. J’écrirai certainement un texte complet sur le sujet.

    La zoophilie ? Les personnes m’intéressent infinement fois plus que les animaux. Je serais plutôt du genre à me demander comment va la personne, si elle y trouve son compte (ça m’étonnerait), etc.

    Je pense que les pulsions se développent en fonction des expériences vécues. Est ce que tout le monde a des pulsions sexuelles ? A mon avis, pas vraiment : dans certains cas, elles peuvent être d’un niveau très primaire, superficielles. Ca ne veut pas dire qu’elles ne se manifestent par aucun signe (au contraire), mais qu’elles sont très pauvres et qu’on ne peut pas “s’appuyer” dessus…

    J’ai eu l’idée d’écrire ce texte à un moment où j’ai été confronté à des éléments négatifs renvoyés par la société. D’où certains propos défensifs…

  5. J’ai du mal à accepter ton point de vue dans la mesure où pour moi, l’amour passe par une construction, un projet commun…
    J’ai ,un peu comme toi, passé pas mal de temps à réfléchir sur le sujet à partir de lectures ou d’expériences d’autres (t’es pas le seul à intellectualiser sans avoir expérimenté….)
    Les conclusions auxquelles je suis arrivée sont assez opposées…
    En fait je distinguerai
    -l’attirance
    -l’amour
    -la relation amoureuse
    L’attirance que je peut avoir pour quelqu’un ne dépend que de moi ou plutôt que de ma façon de voir cette personne. Ainsi, je peux être attirée par quelqu’un sans que rien ne se passe entre nous, sans même qu’il soit au courant…
    L’amour, par contre, n’existe que quand les deux personnes se sont avouées leur attirance et on décider d’un projet commun. Ce projet peut être: apprendre à se connaître, vivre ensemble, se marier, avoir des enfants, faire des choses ensemble…. Dans ce cas, je pense que cette construction doit remettre en question la construction que j’avais déjà mise en place pour ma vie… Je vois donc mal comment je pourrais avoir deux remises en question simultanées qui irraient dans des dirrections différentes (voire oposées puisque on ne fait pas forcément les mêmes projets avec deux personnes différentes).
    Enfin, la relation amoureuse est une concrétisation de cet amour. Mais l’Homme étant avant tout social, je pense que l’on ne peut vivre cette relation en autarcie et, sans rechercher forcément une reconnaissance sociale, il est important de pouvoir dire à d’autre “on s’aime”, “on a des projets”… Sans atteindre forcément l’intimité du couple, cette dimenssion sociale pousse à réfléchir à ce qu’on veut extérioriser de notre couple…
    Voilà pour mon commentaire…je pense que c’est pas assez pour te convaincre mais j’éspère que ça te fera un peu réfléchir..et peut-être même écrire!
    En tous cas, c’est toujours aussi agréable de lire ta prose! même (et surtout!) quand on n’est pas d’accord :o)

  6. Quelle est la place du sexe dans ta conception de l’amour ? Les projets communs que tu cites sont intellectuels, relationnels (se connaitre, vivre ensemble…) ou sociaux (mariage, enfants…).

    Voila le point sur lequel je n’ai pas assez insisté dans ce texte : je pense qu’on sous-estime largement les potentialités de la sexualité. Je pense qu’on se contente d’une sexualité qui “fonctionne bien” (dans le meilleur des cas). Pourtant, je pense qu’elle peut être tellement forte, tellement intense, tellement épanouissante, qu’elle en devient aussi importante, aussi vaste, aussi fertile que les autres domaines (relationnel et intellectuel, entre autres).

    D’où me vient cet optimisme, moi qui n’ai aucune expérience sexuelle ? Principalement des témoignages et observations, mais aussi des considérations intellectuelles qui me font comprendre l’origine du puritanisme…

    Bien sur, il est important d’arriver à concilier la sexualité avec les projets communs que tu cites. La question est de savoir comment on peut y arriver. Ma réponse est la “non promesse d’exclusivité” (au passage, ça veut simplement dire que je ne promets pas d’être monogame, mais ça ne veut pas dire que je serais nécessairement polygame : ça dépend de plein de choses !)…

    Ce que tu dis, c’est qu’on ne peut pas partager ces projets communs avec plusieurs personnes. Comme si on ne pouvait pas avoir des projets différents avec des personnes différentes… C’est tout à fait discutable : on peut bien avoir plusieurs amis !

    Quant à la reconnaissance sociale de ma vie amoureuse, je m’en contre-fous… Je n’ai pas besoin de ça pour ne pas vivre en autarcie, loin s’en faut !

    Merci de tes encouragements vis-à -vis de ma prose, ça me touche ! 🙂 Par contre, moi je préférerais qu’on soit d’accord 😉

  7. “On m’objectera que certains couples qui se veulent exclusifs arrivent à se développer sexuellement. Je constate que c’est extrêmement rare. ” Je pense que cette affirmation est fausse. Elle est basée sur ce que tu vois de ton entourage et dans tous les cas baser une reflection concernant l’amour a partir de statistiques est mal vu a mon avis. Chaque personne est differente des autres bien entendu. Quand deux personnes se rencontrent il se passe quelque chose d’unique. Quel que soit ce qui se passe, une attirance, un desinteret peu importe, mais c’est unique, meme si on a tendance a vouloir toujours la comparer ou l’identifier a des relations deja existantes. Si l’on est capable de considerer chaque relation comme unique on n’a pas besoin de se fixer des regles de comportement, ces regles naissent d’elles memes en fonction de la relation en question. Quand tu rencontreras quelqu’un avec qui les regles qui se manifestent te comblent, tu peux faire ta demande en mariage ;p (enfin, mariage ou pas c’est pas le probleme, mais a mon avis, en ce qui concerne l’amour ca ne ser a rien de se fixer des regles parce qu’elles seront oubliées… je ne pensais pas que je me marierais un jour, et je voyais meme le mariage avec tous ses cotes negatifs…. et puis, soudainement… rencontre/fiancailles et perspective du mariage sans appréhension… apres bien sur ce qu’on appelle le “blues d’avant mariage” et compagnie.
    Pour ce qui est de l’epanouissement sexuel, la diversité des partenaires n’encourage pas l’epanouissement sexuel contrairement a ce qu’on pourrait croire, car l’epanouissement sexuel se fait quand deux personnes sont dans le meme ‘trip’… et pour etre dans le meme trip il faut se connaitre, et se faire assez confiance pour avoir revele son ‘trip’ a l’autre ;)… enfin, ce n’est que mon avis bien sur. C’est toujours quand on a trouvé qu’on se dit qu’on aurait ete content de savoir ca des le debut… mais tant qu’on a pas trouvé on en fait qu’a sa tete de toute facon. Donc ben, bonne route sur le chemin de l’eternel recommencement.

  8. Merci pour ton commentaire stimulant. Je n’ai aucune idée de qui tu peux être !

    Oui, chaque personne est différente des autres. Il se passe quelque chose d’unique à chaque fois que deux personnes se rencontrent, OK… Mais ça n’empêche pas de faire des statistiques ! Et mes observations statistiques (qui valent ce qu’elles valent) m’amènent à penser que la promesse d’exclusivité est néfaste pour le développement sexuel. Je n’ai pas l’impression de fixer à priori une règle de comportement. Au contraire, j’ai l’impression de laisser tout ouvert, en fonction des gens, des situations, etc.

    Ce n’est pas la diversité qui encourage le développement sexuel, c’est la diversité RENDUE POSSIBLE (même si on utilise pas cette possibilité). C’est compréhensible, mis comme ça ?

    L’argument de la fin est trop facile : “tu ne peux pas comprendre, toi qui n’a pas trouvé la bonne personne, etc.”. Ta dernière phrase est intéressante. Je n’ai pas peur d’un éternel recommencement, précisément parce que je ne pense pas que ce sera un éternel recommencement. Je pense avancer, progresser, explorer, me développer… Est ce que la peur d’un éternel recommencement pousse à la promesse d’exclusivité ? (il fallait bien que je finisse, moi aussi, par une petite pique ;-).

    Bon, c’est pas tout ça, mais demain, levé 7h00 🙁 Pour ceux qui ont plus de temps que moi en ce moment, je vous conseille le site http://archet.net/ : j’aurais surement l’occasion d’en reparler 🙂

    Tchuss

  9. Quelques remarques : tout d’abord, tu seras sans doute interessé par cet article : http://fr.wikipedia.org/wiki/Polyamour ainsi que par ces sites : http://gendertrouble.org/ et http://infokiosques.net/

    Sinon, ce que tu nommes égoïsme est en fait de l’égotisme, et est effectivement positif. L’égoïsme, c’est lorsque la prise en compte de nos interêts se fait complètement au détriment de ceux des autres, ce qui est effectivement “excessif” et négatif.

    Enfin voilà , ta démarche est très chouette, bon courage !

  10. Je crois que c’est surtout un désir de reconnaisance exacerbé qui amène cela. Ce genre de relations peut peut être galvaniser sur le moment mais c’est un vrai mirage. Et ce qui l’y a d’excitant dans une relation a deux (et a deux seulement et exclusivement, même si l’on ne se promet pas un amour pour toute la vie) c’est d’avancer sur les joies mais aussi sur les épreuves que connaît le couple. La relation polyamoureuse que vous présentez comme solution à l’ennui et à la fermeture (sur tous les plans) est selon moi illusoire car on ne prend que ce que l’on veut bien voir chez l’autre et ce qui nous flatte, et c’est donc tout un pan de la relation qui est manqué… mais bon je respecte ton choix!

  11. Bonjour et merci de respecter mon choix 🙂 J’essaie de te résumer : “il est excitant d’avancer sur les épreuves que connaît le couple”, la relation polyamoureuse ne permet pas cela car “on ne prend que ce que l’on veut bien voir chez l’autre et ce qui nous flatte”.

    Voici le constat paradoxal que j’ai tendance à faire de mon côté : le polyamour est très adapté pour avancer sur les épreuves que connaît le couple ! Polyamour ne rime pas avec “je romps au moindre problème”. Au contraire, je pense ! Je serais surement moins patient et moins serein si je vivais une épreuve dans une relation exclusive. Dans ma situation, “je ne rate rien” en étant avec quelqu’un, “je ne me prive de rien”, “je ne mets pas en jeu mon identité sociale” (ou peu), bref, j’aborde les épreuves avec un état d’esprit très positif pour qu’on les fasse avancer.

    A moins bien sur que les épreuves dont tu parles ne soient liées au caractère exclusif de la relation (ou à ce qui en découle : exigences implicites, identité sociale en jeu, etc.). Dans ce cas, le polyamour ne permet pas d’avancer sur ces épreuves, puisqu’elles ne sont pas présentes. Qui s’en plaindra ? Les épreuves, de toute façon, ce n’est pas ça qui manque !

    Je ne prends pas chez l’autre “ce que je veux bien voir” ou “ce qui me flatte” : je considère l’autre à la mesure de la qualité des moments que l’on passe ensemble. Non seulement cela ne semble pas aboutir au zapping, mais c’est plutôt l’inverse : je me concentre sur les moments passés, et pas sur l’image sociale de l’autre, ni sur ses défauts qui n’ont qu’un impact réduits sur les moments passés ensemble… Je suis plus flexible, et mon expérience me montre que cela n’a rien à voir avec l’indifférence.

    Bref, à mon avis, le polyamour pose effectivement des problèmes, mais pas celui-là !

  12. Bonjour

    Je suis arrivé par hasard sur ton site … et je suis content de le découvrir, pensant et vivant moi même à quelques choses près ce que tu proposes.

    J’ai parcouru les pages sur le “polyamour”. J’ai quelques remarques qui viennent je pense du fait de quelques années de pratique qui complètent les visions intellectualisées du début. Ce ne sont bien sur que mon avis personnel, à prendre comme tel.

    Dans cet article tu dis “je ne promets ni exclusivité ni perennité”. Tu ne peux à mon avis pas dire ce genre de chose sans apporter une compensation (d’où la réaction de “anonyme”). En effet exclusivité et pérennité sont les moyens classiques pour sécuriser l’autre personne, dans le cadre d’un engagement de celle ci (engagement au sens “mettre une partie d’elle meme dans la relation”) obligatoire pour qu’une relation prenne du corps. Je pense qu’une relation a besoin d’être sécurisée de la sorte pour aller de l’avant et que le débat ne porte que sur la manière de la sécuriser, polyamour ou non.

    En ce qui me concerne, je ne promet ni exclusivité ni pérennité, mais je promet en échange tout simplement… fidélité ! au sens propre bien sur, c’est à dire “Constant dans son attachement, ses relations.” En d’autres mots ce n’est pas parce qu’on est amoureux à volonté qu’on n’est pas “sérieux”, qu’on ne pensera qu’à nous, qu’on ne prendra que ce qui est bon, qu’on sera sensible à chaque petite saute d’humeur.

    Polyamoureux, ce n’est autre qu’une multiplication de relations, c’est “plus qu’une seule relation”. Mais ladite relation ne doit pas avoir à payer de cela sinon c’est déshabiller pierre pour rhabiller paul 😉

    Et ce n’est pas parce que tu ne promets pas pérennité que ta relation ne va pas durer jusqu’à la mort ! C’est juste que tu ne t’y seras pas engagé d’avance. Maintenant si une relation peut tenir ça vaut de l’or !

    J’ai lu aussi que tu préconnisais de ne pas vivre ensemble, d’avoir chacun chez soi. Beaucoup le disent mais je pense que c’est une erreur car on tombe sinon dans le syndrome du “je t’aime que quand tu vas bien”. Je connais un type qui avais une copine qu’il n’allait pas voir si elle était malade de peur d’avoir son virus. Or c’est justement quand on est malade qu’on a besoin de l’autre en priorité.

    Et si deux relations prennent la meme importance l’une que l’autre ça peut etre l’occasion de vivre en communauté… Ca demande que chacun soit au meme niveau de transparence et d’ouverture mais c’est idéal et c’est à mon avis là que l’on profite réellement du polyamour.

    Bon j’arrete pour aujourd’hui. Bon courage et surtout, met tes pensées en pratique !

    A+

  13. Bonjour,
    Analyses et commentaires le plus souvent justes, c’est-à-dire acceptant sereinement ce qu’il y a, ce que vous êtes, etc.
    Mais pourquoi vouloir vous “développer sexuellement” ?
    Songeriez-vous à vouloir développer vos pieds ?
    Non je pense, vos pieds sont ce qu’ils sont !
    (d’ailleurs, pourquoi vouloir se “développer” tout court ?)
    Idem plus loin “la faiblesse de mon développement sexuel, de mes fantasmes, de mes pulsions” : pourquoi ne pas accepter sereinement qu’il y ait ce qu’il y a, dans le domaine sexuel, dans celui de vos fantasmes (pourquoi pas), dans celui de vos pulsions, etc… ?

    Si moins de gens désiraient être ce qu’ils ne sont pas, la France ne serait sûrement pas la championne du monde de la consommation des anti-dépresseurs !…

  14. Allez, moi aussi je déterre ce vieux billet ! 😉

    Bonjour Guilain,

    Je voulais juste répondre à cette phrase :
    “L’état amoureux n’est pas « divin ». Ce n’est pas une force extérieure à nous qui nous transcenderait ou nous dépasserait. ”

    Je ressens depuis longtemps l’Amour (oui je mets une majuscule, choix personnel hein) comme quelque chose de “plus grand” que moi.
    C’est un ressenti tout personnel, bien sûr.

    N’empêche, je le ressens comme ça, parce qu’il me pousse à me dépasser, d’un point de vue affectif et spirituel.
    L’inconditionnel de l’Amour que je ressens pour certaines personnes (même s’ils faisaient les choses les plus horribles, je continuerais d’Aimer ces gens que j’Aime – ce qui ne veut pas dire que je ne désapprouverais pas leurs choix), cet inconditionnel, c’est vraiment quelque chose que j’ai éprouvé (enfin, pas encore au point de voir ces gens faire des choses vraiment horribles, heureusement, mais déjà lorsqu’ils ont pu se montrer indifférents, méprisants, voire irrespectueux envers moi de façons que je ne pensais pas pouvoir supporter).

    Et cet inconditionnel, ça me dépasse. Pour moi, ça n’est pas moi, ça ne se réduit pas à moi, c’est quelque chose de plus grand que moi.
    C’est ma façon de le ressentir évidemment. Je ne dis pas que je le ressens comme quelque chose de totalement extérieur. Ca fait partie de moi, mais en même temps c’est plus grand que moi, tellement plus grand. Je ne sais pas si je suis très claire…(mais j’ai essayé de l’être !)

    A la prochaine 😉 !

  15. Merci d’avoir déterré ce vieux billet 🙂
    – D’abord parce que je me rend compte que c’est Solveig qui, la première m’a parlé de polyamour !
    – Ensuite, parce que je m’aperçois que ma définition actuelle du polyamour est la même que les points 1 et 3 énoncés au début de l’article (le point 2 n’est pas nécessaire). Les idées que je développe sont encore les miennes même si je n’insisterais pas sur les mêmes choses aujourd’hui et que la définition de la morale que je donnais alors était plutôt légère 😉
    – J’en profite pour répondre aux derniers commentaires :

    A Nonyme (peut-être l’auteur de cet article : http://ladiesroom.fr/2009/03/09/jai-ecrit-a-morpheen/ ?), ça m’étonne que tu ne vois pas l’intérêt de se développer intellectuellement (apprendre, se poser de nouvelles questions, réfléchir, etc.) ou “relationnellement” (exprimer ses émotions, écouter, savoir désamorcer des conflits, etc.). Pour moi, il y a un intérêt, tout comme pour le développement sexuel. J’accepte de prendre du temps pour avancer, et cette envie de développement ne me déprime absolument pas 🙂

    LuLutine, ça m’intéresse qu’une polyamoureuse parle en ces termes, parce que d’habitude, j’ai ce genre de débat avec les monogames 😉 Je ne remets pas en question le fait que tu aies ressenti l’Amour inconditionnel. Mais si tu ressens ça à un moment donné, est ce que ça prouve que ça restera vrai jusqu’à ta mort ? D’autre part, qu’est ce que tu entends par “ça fait partie de moi” et “c’est plus grand moi” ? C’est contradictoire, dis comme ça, n’est ce pas ? 🙂

  16. “Mais si tu ressens ça à un moment donné, est ce que ça prouve que ça restera vrai jusqu’à ta mort ? ”

    Huhu, non je n’ai pas encore de boule de cristal malheureusement !! (Trop cher mon cher monsieur ;-))
    Ca veut dire que je ressens ce que j’appelle Amour inconditionnel (avec ma définition, qui ne peut qu’être personnelle et relative), pour plusieurs personnes ; l’une ça fait au moins dix ans (hum j’envisage de recontacter cette personne d’ailleurs mais c’est une longue histoire), l’autre six, et la dernière deux…je ne dis pas qu’il n’y en a pas d’autres, mais ces trois-là, j’en suis sûre.
    C’est vrai, 6 ou 10 ans c’est pas grand chose à l’échelle de l’univers, mais c’est déjà pas mal à l’échelle d’une vie (surtout quand on n’a pas encore trente ans).

    Donc je te rerépondrai quand j’aurai 80 ou 90 ans 😉

    Pour le reste, oui ça peut sembler contradictoire, mais je n’ai pas su le dire autrement, c’est pour ça que je me demandais si c’était assez clair…

    Il y a quelque chose en moi, qui me semble “plus grand” que moi…oui en général en maths quand un ensemble est inclus dans un autre, son cardinal ne peut pas être plus grand que celui du contenant….mais on n’est pas en maths, et il y a parfois quelque chose en moi, que je ressens comme “plus grand” que moi…disons qu’au lieu d’être possédée par un démon (comme on voit dans les films) je suis possédée par un ange, cette image ne me convient pas vraiment mais elle permet peut-être de comprendre un peu mieux ce que j’essaye de formuler ?

  17. Je suis fascinée par ta clairvoyance Guilain..
    j’ai lu cet article avec beaucoup de plaisir !

    de mon côté, j’ai du vivre les expériences pour en arriver à cette philosophie de vie….
    je trouve tout de même dommage de devoir mettre un mot “polyamour” pour un mode de vie qui n’est autre que de vouloir être en accord avec soi même donc libre, être honnête avec soi même, se libérer de nos peurs,
    Vivre, vouloir connaitre ceux que nous croisons sur notre route etc…

    Merci.

  18. Je pense que ton utilisation de l’expression “ma vie amoureuse” prête à confusion, au lecteur mais probablement pour toi aussi, parce que même si tu entends parler de l’amour avec les filles (je vais le dire comme ça), en fait ce dont tu traites c’est l’amour des personnes en général, tel l’amour que tu portes à tes parents et à tes amis. Bien sûr tes amis peuvent être des femmes et c’est là où tu commences à confondre. Enfin je pense.
    Je veux aussi dire qu’en polyamour ou relations interpersonnelles générales, l’amour se présente aussi sous forme de degrés et cela en fonction d’un nombre énorme de paramètres. En bref en peut pas prétendre aimer tout le monde au même niveau ou de la même façon.

  19. LuLutine, qu’est ce que tu sens ui te fait dire que tu es possédée par quelque chose qui n’est pas toi (ange, démon, ou autre chose) ?

    Isabelle, oui, polyamour n’est pas un mot parfait, mais je suis content qu’il en existe un et je n’en ai pas de mieux à proposer à la place… J’attends les propositions 🙂

    Yahia, qu’est ce qui te fait dire que je traite de l’amour des personnes dans cet article ? Pour moi c’est clair: j’y traite des relations amoureuses avec les filles… Oui, c’est vrai que l’amour, ce n’est pas du tout ou rien, et c’est l’un des côtés positifs du polyamour : c’est de pouvoir partager de la tendresse sans faire de sexe, par exemple…

  20. Alors je pense qu’il est surtout ici question de savoir si tu envisages _toute_ relation personnelle avec une fille comme relation amoureuse (avec les différences inhérentes bien entendu).
    C’est peut-être ça que je n’ai pas arrivé à ressortir du texte.
    Sinon pour moi je peux dire que non ce n’est pas le cas.

  21. “LuLutine, qu’est ce que tu sens ui te fait dire que tu es possédée par quelque chose qui n’est pas toi (ange, démon, ou autre chose) ?”

    Je ne me sens pas possédée, puisque ça fait partie de moi. Mais en même temps, c’est plus grand que moi.
    Et on en revient au point de départ. Je crois que je n’arriverai pas à formuler ce que je veux dire…

  22. “savoir si tu envisages _toute_ relation personnelle avec une fille comme relation amoureuse ”

    Je réponds pour moi, qui suis une fille aimant plutôt des garçons :
    Je n’envisage pas toute relation avec un garçon comme amoureuse, puisqu’elle peut être amicale, par exemple.
    Mais je peux avoir plusieurs relations amoureuses avec des garçons différents, de façon simultanée.

    Bon je ne sais pas si ça t’éclaire, yahia…

  23. Parce que à un moment il m’a semblé que dans le polyamour on ne fait pas cette distinction entre amour et amitié à l’égard du sexe de préférence.

    Je pense que le polyamour dresse des barrières. Un amour inconditionnel ne peut pas se limiter à une relation amoureuse. Une amitié profonde dans certaines relations témoigne d’un plus grand amour que celui de n’importe quelle relation amoureuse.
    Parce que amour existe partout que ce soit pour les personnes ou pour les choses, on ne devrait pas le renfermer dans les relations de couple.
    De ma part je suis plutôt pour une exclusivité sentimentale mais une éventuelle liberté sexuelle déclarée.
    Rien que l’idée d’avoir à gérer plusieurs amours à la fois ne colle pas dans ma tête. Ce serait trop encombrant. En plus les efforts pour “vérifier” si l’amour avec chacune des personnes est authentique et surtout réciproque.
    Pas pour moi tout ça. Je préfère plutôt l’amour séquentiel! si ça marche pas, on garde le contact mais on passe à autre chose.

    Lulu, lorsque tu dis te sentir possédée par qq chose de plus grand, je pense que c’est ta raison d’opter pour le polyamour, qui est de donner de l’amour à plusieurs personnes à la fois.

  24. J’avais pas continué mon analyse.

    Lulu, lorsque tu dis te sentir possédée par qq chose de plus grand, je pense que c’est ta raison d’opter pour le polyamour, qui est de donner de l’amour à plusieurs personnes à la fois.
    Je me demande, n’est-ce pas de la peur de donner tout son amour à un seul autre qui ne saurait quoi en faire? ou par peur de déception que cela ne soit pas réciproque avec une seule personne, raison pour laquelle on multiplie les tentations simultanées?
    Je me demande aussi si le polyamoureux dit explicitement à ses amoureux qu’il est effectivement polyamoureux, par simple éthique ou désillusion de l’autre qui ne pourrait pas forcément être polyamoureux aussi.
    Je me demande dernièrement si après toute une période d’essai ne viendrait-il pas un temps où le polyamoureux se déciderait de se stabiliser dans une seule relation amoureuse qu’il jugera la meilleure, la plus solide, la plus supceptible d’être maintenue et développée pour le meilleur ? (Parce que dans tous les domaines de la vie on peut choisir un “meilleur”, il en irait de même dans l’amour.)

  25. Je crois qu’il y a 1000 raisons d’être polyamoureux ou de ne pas l’être, et on peut s’amuser à faire des listes…

    Oui, dans tous les domaines, on peut choisir un “meilleur”, mais c’est pas parce que c’est possible de le faire qu’on le fait systématiquement. Prend par exemple tes amis : est-ce que tu t’efforces de ne fréquenter que le meilleur ?

  26. “n’est-ce pas de la peur de donner tout son amour à un seul autre qui ne saurait quoi en faire? ”

    En général, j’ai plutôt l’impression que ce sont les autres qui ont peur ^^
    Beaucoup s’enfuient en courant (enfin non, pas réellement en courant, mais c’est un peu l’idée quand même…).

    Sinon, d’accord avec Guilain pour le “meilleur” : moi je préfère le chocolat, mais ce n’est pas pour ça que je ne mange que ça. Je mange même des légumes, et ce n’est pas seulement parce que c’est bon pour la santé ; en fait si je n’en mange pas pendant quelques jours, ça me manque très rapidement (enfin pas dans le sens “besoin” non plus, ça reste tout de même plus une envie qu’un manque) ! Alors que je préfère nettement le chocolat !
    Puis le chocolat, je peux m’en priver pendant des jours ou des semaines sans ressentir de manque. Alors que j’adore ça, et que je le préfère nettement aux légumes.

    Il faut croire que finalement je suis polyamoureuse de la nourriture.
    Lol ^^

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