Promettre ou ne pas promettre

« Lui, c’est un chasseur de viande », « il considère ses partenaires amoureux comme du bétail », « c’est une allumeuse », etc. J’entends parfois de telles critiques agressives envers des hommes ou des femmes dont les convictions sur la vie amoureuse sont proches des miennes. Ces critiques m’accablent, alors qu’elles ne me sont même pas adressées. En fait, j’aurais beaucoup de mal à supporter d’en être moi-même la cible. C’est pour cela que j’écris ce texte, pour avoir les idées les plus claires possibles. D’une part, je serai capable d’écouter les critiques et de répondre de façon non agressive. D’autre part, je serai plus compréhensible quand j’exposerai ces convictions. En plus de tout cela, ce texte peut amener des discussions sur le sujet, ce qui m’intéresse beaucoup, surtout bien sur avec les filles ;-)

Voici mes choix pour ma vie amoureuse :

  • Je ne promets Ă  mes partenaires amoureux ni l’exclusivitĂ©, ni la pĂ©rennitĂ©.
  • Quand j’ai une relation amoureuse (ou plusieurs), je ne fais rien pour me couper des autres filles.
  • Je suis totalement transparent sur l’état de mes relations amoureuses.

Utopie ? Immoralité ? Gâchis ?

Pas si vite ! Avant de répondre à ces trois réactions et de montrer les avantages de mes choix, je veux d’abord bien préciser ce que ces choix impliquent et ce qu’ils n’impliquent pas.

Ca n’implique pas la manipulation

J’exprime mes intentions et mes convictions, même si ça empêche une relation amoureuse. Par exemple, je ne vais pas promettre à une fille une relation exclusive et pérenne, sous prétexte que c’est le seul moyen d’entamer une relation amoureuse avec elle !

Ca n’implique pas une focalisation exclusive sur la sexualité

Les autres domaines m’importent aussi beaucoup dans une relation amoureuse. Même si une relation amoureuse est satisfaisante sur le plan sexuel, elle ne me conviendrait pas si elle est insatisfaisante sur le plan relationnel. Ce que je veux, c’est aimer la personne dans sa totalité, l’aimer sans retenue.

Ca n’implique pas l’indifférence

Le but n’est pas du tout de devenir indiffĂ©rent Ă  l’autre pour pouvoir changer de partenaire sans souffrir, comme on change de poisson rouge (encore qu’on peut - paraĂ®t-il - s’attacher Ă  un poisson rouge…). Je crois sincèrement que mes choix permettent un meilleur attachement, une meilleure implication (j’explique pourquoi dans la partie « Les avantages »).

Ca implique une « démystification » de l’état amoureux

Je peux être amoureux de plusieurs personnes en même temps. Rien ne m’amène à considérer que l’état amoureux n’est destiné qu’à une seule et unique personne.

L’état amoureux n’est pas « divin ». Ce n’est pas une force extérieure à nous qui nous transcenderait ou nous dépasserait. C’est un état qui trouve sa source dans nos propres désirs. Il évolue au fil de la relation, en fonction des expériences.

Je ne cherche ni le « respect », ni la solennitĂ© dans une relation amoureuse. Il s’agit de troquer cette image de la femme dĂ©esse, contre celle de la femme complice, humaine et accessible…

Ca implique la gestion de la jalousie

Je pourrais avoir plusieurs relations amoureuses en même temps. Ce n’est pas un but en soi, mais ça pourrait arriver. Bien sur, j’accepte que mes partenaires amoureux fassent de même. Bien sur, j’imagine que ce n’est pas facile !

La première difficulté est simple, elle est liée à l’emploi du temps. Si ma partenaire a d’autres relations amoureuses, cela augmente le risque qu’elle ne soit pas disponible quand j’aimerais passer du temps avec elle. La multiplicité amoureuse amène donc un risque important de frustration.

Pire, la multiplicité amoureuse augmente la peur d’être abandonné. Ma partenaire, si elle se tourne vers quelqu’un d’autre, peut en arriver à vouloir me délaisser.

J’ai l’impression qu’en ce qui me concerne, ce sont les deux seuls problèmes. Mais comme je n’ai jamais vĂ©cu rien de tel, ça reste Ă  vĂ©rifier…

Les avantages

Jusque là, j’ai surtout parlé des problèmes. D’une part, mes choix me coupent d’un bon nombre de relations amoureuses potentielles. D’autre part, ils amènent plus d’insécurité. Alors, pourquoi ces choix ? Je vois 4 grands avantages.

D’abord, ils permettent un meilleur épanouissement sexuel. J’ai observé que beaucoup de couples se contentent d’une relation qui n’est pas épanouissante dans le domaine sexuel. Leurs satisfactions sont plus liées au social (reconnaissance sociale, soutien matériel, envie d’enfants, etc.), au relationnel, à l’intellectuel, etc. Dans ce cas, pour développer la sexualité, il faudrait un environnement stimulant et la liberté d’aller vers de nouvelles expériences tentantes. Pourquoi un couple qui se veut exclusif ne pourrait-il pas offrir cela ? Mon hypothèse, c’est que, dans un sens, un tel couple a intérêt à ne pas trop donner d’importance à la sexualité : un fort « investissement » dans le domaine sexuel est une prise de risque insupportable, car il y a trop d’enjeux et de pressions dans les autres domaines. De toute façon, les motivations sont faibles : moins les gens sont développés sexuellement, moins ils sont motivés, plus leurs efforts pour aller vers la sexualité sont timides, et c’est un cercle vicieux. Pour stimuler tout cela, il faudrait un apport de l’extérieur ou des prises de risques, ce qui est précisément exclu.

On m’objectera que certains couples qui se veulent exclusifs arrivent à se développer sexuellement. Je constate que c’est extrêmement rare. A mon avis, vouloir l’exclusivité est un obstacle si important qu’il rend presque impossible un développement sexuel réellement intense. Je veux bien croire que cet obstacle puisse être parfois dépassé, mais cela exige une conjonction extrêmement favorable liée aux autres aspects de la relation et de la personnalité des gens. A l’inverse, mes choix n’exigent pas une telle conjonction si exceptionnelle. Ils sont, au contraire, eux-mêmes sources d’environnement stimulant et de liberté. Ils facilitent les expériences où la sexualité peut avoir une place centrale, exister pour elle-même. Mes choix sont ainsi une grande aide vers une sexualité plus riche et plus diversifiée.

Deuxièmement, cette diversité permet de mieux concilier l’attirance sexuelle avec l’attirance relationnelle et intellectuelle. Même dans les cas où il y a un certain épanouissement sexuel, les relations amoureuses sont souvent pourries par les problèmes relationnels, par exemple. Deux personnes tombent amoureuses alors qu’elles ne sont pas bien en phase sur le plan relationnel ou intellectuel. Elles tombent amoureuses à partir de certaines caractéristiques « esthétiques » ou sexuelles très précises du partenaire - que peu de personnes ont -, il s’agit du coup de foudre. C’est parce que peu de personnes ont ces caractéristiques qu’on a toutes les chances de « tomber » sur un partenaire avec qui les problèmes relationnels sont importants. Or, c’est un pari plus que risqué que d’espérer l’affaiblissement de ces problèmes au fil du temps ! A l’inverse, si une personne a une sexualité riche et diversifiée, les caractéristiques sexuelles du partenaire n’ont plus à être très précises. Cette personne est, en quelque sorte, polyvalente. Ainsi, à partir d’une relation qui colle au niveau relationnel et intellectuel, elle peut développer une attirance sexuelle pour l’autre. Parier que l’attirance sexuelle deviendra de plus en plus grande est nettement moins scabreux que le pari précédent ! Ainsi, je pense que mes choix permettent cette conciliation entre les différents domaines, et donc un attachement amoureux plus intense !

Ensuite, mes choix permettent d’établir un climat plus serein et plus constructif. Ils amènent à une augmentation de confiance dans la capacité à nouer des relations amoureuses épanouissantes. Ils amènent à ne pas voir le partenaire comme le seul et l’unique possible. Ces deux aspects permettent à chacun de respirer et de ne pas se sentir étouffé par l’autre. On peut oser, prendre des risques, se laisser-aller, s’exprimer plus librement y compris sur des sujets délicats comme les problèmes sexuels rencontrés, etc. Bref, il y a moins de pression négative.

Enfin, les ruptures amoureuses sont moins angoissantes et moins déprimantes. Quoiqu’on fasse, les désirs amoureux changent avec le temps et les possibilités de rupture ne sont jamais exclues (même dans un couple « classique »). Or, mes choix permettent, en cas de rupture, de ne pas se retrouver avec rien, de pouvoir se tourner vers d’autres personnes, de ne pas se fixer obsessionnellement sur une relation qui ne colle pas.

D’où viennent mes convictions ?

Le truc marrant, c’est que mes expĂ©riences dans le domaine sont quasiment nulles ! J’entends d’ici ceux qui rigolent, convaincus que je vais changer d’avis dès que je rencontrerai la « bonne personne », et ceux qui pensent comprendre pourquoi mes expĂ©riences Ă©taient quasiment nulles ;-) Ces rĂ©actions sont parfaitement comprĂ©hensibles, sauf que… Sauf que :

Ce ne sont pas mes choix exposés plus haut qui expliquent la quasi-absence de mes expériences, mais un grand manque de confiance en moi (je ne voulais pas prendre le moindre risque, à cause de la peur de recevoir un éventuel « non », et de ma faible envie de recevoir un « oui » dont je n’aurais pas su vraiment trop quoi faire !). Au contraire, mes choix m’ont permis de « dédramatiser » les situations, d’être plus serein, plus « accessible » m’a-t-on dit. Mes progrès dans mes relations avec les filles coïncident avec les prises de conscience que j’expose ici.

Je n’ai presque pas d’expĂ©rience, mais je me base sur mes observations quotidiennes et sur des tĂ©moignages Ă©crits. Mes convictions ont beaucoup changĂ© suite Ă  la lecture de livres de Michel Lobrot. Les analyses qu’il fait de sa propre vie amoureuse collent avec ce que j’observe dans la sociĂ©tĂ© et avec ce que je ressens en moi. Ca colle aussi avec les Ă©tudes de sexologie dont j’ai entendu parler (un jour, j’en ferai une synthèse)… En caricaturant, d’un cĂ´tĂ©, on a la misère sexuelle ambiante que j’ai dĂ©crite dans « Les avantages », Ă  quoi il faudrait rajouter l’étouffement quand on ressent comme trop grandes les demandes (sexuelles ou sociales) de l’autre, l’angoisse omniprĂ©sente de l’abandon quand on les ressent comme trop faibles, l’animositĂ© qui s’installent petit Ă  petit, l’indiffĂ©rence, etc. De l’autre cĂ´tĂ©, on a la vitalitĂ© amoureuse qui vivifie, qui enthousiasme, qui fait vibrer, qui permet des attachements forts et intenses, mĂŞme si ça amène aussi Ă  plus de souffrances et de frustrations. Entre ces deux mondes, j’ai fait mon choix ;-) En fait, sans rire, j’ai Ă  peine l’impression d’avoir caricaturĂ© !

Enfin, mon expérience n’est pas complètement nulle, et elle m’a fortement renforcé dans mes choix. Fin août, lors d’une rencontre de 10 jours, j’ai passé pas mal de temps avec, entre autres, une fille qui vit en Grèce. Je l’aime énormément sous tous ses aspects : physique, sensuel, relationnel, intellectuel, etc. Pas besoin que je détaille, de toute façon, on va me dire que j’idéalise ;-) Pour résumer - et parce que je n’ai pas envie de raconter en détail tout ce qui s’est passé -, nous avons échangé des baisers le dernier soir (dont je garde des souvenirs merveilleux), et de retour en Grèce, elle m’a écrit sans équivoque qu’elle m’aime aussi. Je vais aller la voir fin octobre.

Et bien, que se passe t’il les jours où j’ai moins confiance en moi, où je suis le plus tenté de la voir comme « la seule et l’unique » ? Je commence à angoisser, j’ai une pression néfaste, etc. En plus de me pourrir la vie, cette réaction rendrait ma compagnie bien moins agréable pour cette fille grecque. Au contraire, depuis plusieurs semaines, je me sens serein par rapport à notre relation. Je sens que je serais capable de surmonter tous les cas de figure, donc de prendre des risques, etc.

Est-ce que je sens cela parce que je manque d’attachement envers elle ? Question importante Ă  laquelle j’ai du mal Ă  rĂ©pondre. Je sens un attachement important envers elle - liĂ© non seulement Ă  sa sensualitĂ© et sa beautĂ©, mais aussi Ă  sa façon d’ĂŞtre avec les gens, sa franchise, son rire, sa tendresse, sa libertĂ©, ses convictions, etc. - mais j’imagine qu’il existe des attachements bien plus forts. Que se passerait-il si j’Ă©tais plus attachĂ© Ă  elle ? Est-ce que je me sentirais capable de surmonter tous les cas de figure ? Deux possibilitĂ©s. Si le « surcroĂ®t » d’attachement Ă©tait liĂ© Ă  la qualitĂ© d’Ă©changes sexuels, cela m’amènerait Ă  une nouvelle forme de confiance en moi, ce qui changerait ma capacitĂ© Ă  surmonter les dĂ©ceptions et les frustrations ! De toute façon, je considère que ce cas n’est malheureusement pas envisageable Ă  court terme, car je sais qu’il me faudra du temps avant d’arriver Ă  partager des plaisirs sexuels intenses… Si le « surcroĂ®t » d’attachement Ă©tait liĂ© Ă  un autre domaine, je sens que j’aurais suffisamment de ressources pour surmonter tous les cas de figure. Bref, l’augmentation possible de mon attachement envers elle ne m’angoisse pas non plus :-)

Tout cela fait que, quand je pense à elle, c’est en termes purement positifs. Je suis ainsi vingt fois plus enchanté de la revoir. Que du bonheur :-)

Utopie ?

J’imagine que certains lecteurs pensent que « c’est beau d’être jeune » (j’ai 22 ans), que « ça va faire mal quand il va s’apercevoir que c’est impossible », etc.

Les difficultĂ©s sont lĂ . Elles sont importantes. La plus prĂ©occupante chez moi : la faiblesse de mon dĂ©veloppement sexuel, de mes fantasmes, de mes pulsions, etc. Tant que j’en suis lĂ , il sera probablement difficile de me sentir très attachĂ©, très impliquĂ©, de vivre pleinement une relation amoureuse. Le risque est de tomber dans une sorte d’indiffĂ©rence. Heureusement, il y a la sensualitĂ©, oĂą mes envies deviennent de plus en plus grandes et oĂą j’arrive Ă  avoir beaucoup de plaisir. En fait, c’est surtout quand je reçois, car quand je donne, j’ai une fâcheuse tendance Ă  me centrer uniquement sur le plaisir de la personne Ă  qui je donne. Ce que j’aimerais, c’est Ă©prouver plus de plaisir quand je donne. Je verrais bien. De toute façon, je sais que ça risque de prendre du temps… L’autre difficultĂ© importante rĂ©side dans le fait de trouver une ou plusieurs filles en phase avec ma vision des relations amoureuses. J’ai cru comprendre de façon claire que, pour les grandes lignes, la fille grecque dont j’ai parlĂ©e est dans ce cas :-)

Plusieurs choses font que j’ai confiance malgrĂ© toutes les difficultĂ©s. D’abord, c’est les personnes que j’ai pu voir autour de moi pour qui cette approche « marche », notamment Michel Lobrot, et aussi d’autres personnes. Ensuite, je peux m’appuyer sur les domaines relationnels et intellectuels dans lesquels je suis Ă  l’aise et oĂą je prends facilement du plaisir ! Enfin, j’ai les idĂ©es très claires et je sais ce que je veux…

Je me lance donc dans une voie non pas utopique, mais difficile et périlleuse. Je comprends bien que tout le monde n’ait pas envie d’en faire autant !

Immoralité ?

J’ai une conception assez particulière de la morale. La seule morale que j’accepte est la suivante : est bien tout ce qui est bon pour moi (tout ce qui m’enthousiasme, me stimule, me construit, etc.), est mal tout ce qui est mauvais pour moi (tout ce qui me dĂ©prime, me fige, me dĂ©truit, etc.). On peut appeler cela l’égoĂŻsme (Petit Robert : « attachement excessif Ă  soi-mĂŞme qui fait que l’on subordonne l’intĂ©rĂŞt d’autrui Ă  son propre intĂ©rĂŞt »). Mais j’estime que ne pas ĂŞtre Ă©goĂŻste est une absurditĂ©, un non-sens : pour subordonner son propre intĂ©rĂŞt Ă  l’intĂ©rĂŞt d’autrui, il faut avoir intĂ©rĂŞt Ă  faire cela ;-) Je prĂ©tends que tout acte, mĂŞme le plus dĂ©sintĂ©ressĂ© - le plus gratuit -, est fait dans le propre intĂ©rĂŞt de son auteur. Il me semble impossible d’échapper Ă  cela. Les gens qui se dĂ©vouent corps et âme, qui se sacrifient, qui adoptent une morale altruiste, etc. le font parce qu’ils sentent que c’est dans leur intĂ©rĂŞt de le faire… Et ça n’enlève rien Ă  leur gĂ©nĂ©rositĂ© ! Alors, M. Robert, enlève le « excessif » de ta dĂ©finition, s’il te plaĂ®t !

Bref, si être moral, c’est prendre en considération les intérêts d’autrui, alors mes choix ne sont pas incompatibles avec la morale. Certes, ils peuvent amener à faire souffrir les gens (moi y compris). C’est souvent le cas lorsqu’on décide d’abandonner la sécurité et de vivre les choses plus intensément. Que faire si une fille est amoureuse de moi et veut la sécurité ? Elle pourra espérer que je finisse par changer d’avis et entamer quand même une relation amoureuse ! Bon, d’accord, mais j’y peux quoi, moi ? Rien, à part expliquer pourquoi mes convictions sont solides et très établies, et insister sur le fait qu’elle risque de souffrir. La fille est alors mieux placée que moi pour savoir où est son propre intérêt et prendre sa décision !

Gâchis ?

Comme on peut changer de convictions au cours de sa vie, il serait dommage de se couper de relations amoureuses juste Ă  cause de convictions passagères. Donc autant ne pas trop donner d’importance Ă  ces convictions ! Ce raisonnement est fallacieux : c’est vrai qu’il est bon de garder en tĂŞte que je change au fil du temps, mais je ne vais pas renier toutes mes convictions pour autant ! Celles qui m’apparaissent suffisamment fondĂ©es, je n’hĂ©site pas Ă  m’appuyer dessus. LĂ , c’est largement le cas, et tel que je vois les choses, le gâchis serait plutĂ´t de renoncer Ă  mes convictions dans le but d’entamer une relation amoureuse qui serait impossible autrement… Ce serait une solution sĂ»rement plus facile, mais moins riche, moins stimulante, moins Ă©panouissante, etc.

Les enfants

Je n’ai parlé ici que de relations amoureuses, pas d’enfants. La venue d’un ou de plusieurs enfants entraîne des contraintes matérielles qu’il n’est pas question de refuser. Il faut fournir des ressources financières et du temps pour s’occuper des enfants. En ce qui concerne la vie amoureuse, toutes les considérations que j’ai faites me semblent encore valables.

Le lieu d’habitation

Commun ou pas commun ? Je pense que, tant qu’il est possible d’avoir chacun un chez-soi, cette solution est la meilleure. Un lieu d’habitation commun amène une pression supplĂ©mentaire, un système de dĂ©pendance qui introduit un enjeu Ă©tranger au domaine amoureux. Cela ne me paraĂ®t pas forcĂ©ment ingĂ©rable, mais c’est des difficultĂ©s supplĂ©mentaires Ă  surmonter…

Bisexualité

Dans tout ce texte, j’ai considéré que mes partenaires amoureux ne pouvaient être que des filles. En effet, actuellement, je ne suis attiré physiquement que par les filles. Mais je considère cela comme négatif, comme un blocage : à priori, il n’y a aucune raison pour rejeter les possibilités de plaisirs sensuels ou sexuels avec un homme. Je ne compte pas me forcer - ceux qui me connaissent me font confiance sur ce point ;-) -, mais intellectuellement, je ne vois aucun obstacle à la bisexualité.

Conclusion

On me dira que tout cela est justement trop intellectuel, alors que la vie amoureuse demande le lâcher-prise, etc. Oui, mais avoir les idĂ©es claires, ça m’aide beaucoup et ça n’empĂŞche pas le laisser-aller… Paradoxalement, je me prends moins la tĂŞte, je suis plus dĂ©tendu. Je sais ce que je veux, et c’est super agrĂ©able !

J’aimerais revenir sur le problème des critiques agressives, évoqué au début. Le phénomène qui m’apparaît est le suivant : à partir de l’observation de certains comportements (multiplicité amoureuse, par exemple), on a tendance à prêter des intentions à la personne (elle veut collectionner les relations, elle veut des relations amoureuses purement sexuelles, etc.). C’est ce raccourci qui est trompeur et fallacieux ! Il existe des gens qui acceptent la multiplicité amoureuse et qui ne sont ni des Don Juan, ni des gens ne cherchant que le sexe, ni des gens incapables d’attachement, etc. C’est vrai, ça, quoi ! Non, mais sans blague ! :-)

Lyon, le 02/10/2004.

12 réponses à “Promettre ou ne pas promettre”

  1. Grégoire Says:

    T as peux etre raison mais t as surement tord.
    Malheureusement pour toi je pense que tu sous estime la jalousie.
    Maman m a envoyer une petite nouvelle exactement sur ce sujet et la fille finie par tenter de tuer son mari.
    Au bout de quelques annees.
    Je pense qu une c est deja pas mal (tu verras). C est deja pas evident a gerer.
    il n y a en effet aucunes raisons de se promettre l exclusivité ni la perennite mais le contraire parrait impensable quand tu as trouve une personne qui te rend heureux rien par le fait de sa presence et triste quand tu est separe d elle. (si elle te repond ” j ai un crenau pour te voire dans une semaine pendant 3 heures ” tu vas finir par l avoir un peu mauvaise).
    Il est quand meme plus agreable de ne pas redouter ” non ce soir je vais plutot aller avec mon autre copain ” qui doit etre plus que ‘ frustrant ‘ (apres t es oblige de sortir ton plan B…)

    En faite ton idee n est pas tres originale. Je suis curieux et interese de savoir si tu y arrives. Mais faudrait deja commencer par une…

    Sinon, on te vois a noel?
    Bon courage et a plus.

  2. Guilain Says:

    J’adore tes commentaires, GrĂ©goire :-)

    “Faudrait dĂ©ja commencer par une”… Et tu casses ;-) D’accord, un point pour toi… En attendant, je rĂ©itĂ©re mon idĂ©e : c’est pas forcĂ©ment un bon plan de vouloir Ă©viter les frustrations et la jalousie en se rĂ©fugiant dans l’espoir du couple Ă©panouissant pour toute la vie. Comme j’explique dans mon texte, j’ai l’impression que plus tu acceptes les frustrations et les problèmes de jalousie, plus t’as de chance que la relation continue Ă ĂŞtre Ă©panouissante… Bon, je dis ça, mais en fait, chacun sa merde, hein ? C’est facile pour personne…

    Est ce que je serai lĂ Ă noĂ«l ? Euh… En fait, ça dĂ©pend surtout de comment ça va se passer avec Aggeliki…

  3. Tiloo Says:

    Hello,
    Si je suis largement d’accord dans les grandes lignes j’ai aussi qqs points de désaccord, mais j’ai surtout envie de t’aider à poursuivre la réflexion (et le débat entre nous ;-) en te posant quelques questions :
    · Peux-tu bien préciser ce que tu veux dire avec l’expression « en même temps » ?
    · Peux-tu imaginer avoir des rapports sexuels avec des personnes différentes dans un intervalle de temps très court ?
    · Est-ce-que tu peux envisager une relation purement sexuelle ? Qualifies-tu ce type de relation d’amoureuse ?
    · Peux-tu avoir une relation sexuelle avec une femme mariée ?
    · Que fais-tu quand les conditions ne te permettent pas clarifier immédiatemment la situation avec la fille (tout va très vite en une soirée, ou alors la fille n’est pas intéressée à écouter tes discussions mais veut vivre qqch, ou hésite…)?
    · Quelle est ta position face à la pédophilie ?
    · Face à la zoophilie ?

    Quelques commentaires quand mĂŞme :
    · L’état transcendant amoureux existe je pense, même s’il n’est que provisoire c’est clair ; ça fait partie des choses qui embrouillent beaucoup de gens je crois.
    · Je ne suis pas d’accord que moins les gens ont des rapports sexuels, moins ils sont motivés pour en avoir etc. C’est peut-être vrai la plupart du temps mais il s’agit d’un domaine de pulsions, tout le monde en a.
    · Je ne suis pas d’accord que le coup de foudre ne serait qu’ « esthétique ». Pour moi c’est aussi une question intellectuelle (le fait de se sentir compris et sur la même longueur d’onde).
    · Dommage que ce texte qui montre une vision positive commence et se termine sur la défensive par rapport à la société.
    · Ne t’inquiète pas pour ton développement sexuel, c’est sur que ça va venir ;-)

  4. Guilain Says:

    Quand j’ai Ă©crit “en mĂŞme temps”, je ne pensais pas Ă se retrouver Ă 3 ou plus… Je pensais Ă un “partage d’emploi du temps”, si je puis dire. Ceci dit, je n’ai a priori rien contre se retrouver Ă 3 ou plus, du moment que tout le monde est consentant ;-) Mais c’est pas vraiment mon trip du moment !

    J’ai dĂ©ja du mal Ă imaginer avoir des rapports sexuels avec une seule personne, alors avec plusieurs dans un intervalle de temps très court… Mais encore une fois, s’il y a transparence et consentement, il n’y a aucun problème !

    Je ne qualifierais pas de “relation amoureuse” une relation purement sexuelle. Je pourrais Ă©ventuellement envisager une telle relation, avec les mĂŞmes remarques que prĂ©cedemment : c’est pas mon trip du moment, il faut la transparence et le consentement…

    “Peux-tu avoir une relation sexuelle avec une femme mariĂ©e ?”. Question que je n’ai pas encore rĂ©solue. C’est pas le problème de mariĂ©e ou pas mariĂ©e, c’est plutĂ´t ce problème : si une femme est en couple, et ne veut pas dire Ă son partenaire qu’elle le “trompe”, est-ce que j’accepte une relation amoureuse avec elle ou pas ? C’est un terrain minĂ©, il me semble… Mais au fait, pourquoi tu me poses la question ? ;-)

    Si je ne peux pas clarifier directement la situation ? Ben j’y vais, pardi ;-) De toute façon, si on n’a pas eu l’occasion de clarifier, il s’agit explicitement d’une relation qui n’est liĂ©e ni Ă une promesse d’exclusivitĂ© ni une promesse de pĂ©rennitĂ©…

    La pĂ©dophilie ? Je parlerai de ce problème plus tard. Il est en fait très complexe : bien sur, je suis pour protĂ©ger les enfants contre les abus sexuels des adultes, mais il y a plus d’enjeux que cela. J’Ă©crirai certainement un texte complet sur le sujet.

    La zoophilie ? Les personnes m’intĂ©ressent infinement fois plus que les animaux. Je serais plutĂ´t du genre Ă me demander comment va la personne, si elle y trouve son compte (ça m’Ă©tonnerait), etc.

    Je pense que les pulsions se dĂ©veloppent en fonction des expĂ©riences vĂ©cues. Est ce que tout le monde a des pulsions sexuelles ? A mon avis, pas vraiment : dans certains cas, elles peuvent ĂŞtre d’un niveau très primaire, superficielles. Ca ne veut pas dire qu’elles ne se manifestent par aucun signe (au contraire), mais qu’elles sont très pauvres et qu’on ne peut pas “s’appuyer” dessus…

    J’ai eu l’idĂ©e d’Ă©crire ce texte Ă un moment oĂą j’ai Ă©tĂ© confrontĂ© Ă des Ă©lĂ©ments nĂ©gatifs renvoyĂ©s par la sociĂ©tĂ©. D’oĂą certains propos dĂ©fensifs…

  5. Meige Says:

    J’ai du mal Ă accepter ton point de vue dans la mesure oĂą pour moi, l’amour passe par une construction, un projet commun…
    J’ai ,un peu comme toi, passĂ© pas mal de temps Ă rĂ©flĂ©chir sur le sujet Ă partir de lectures ou d’expĂ©riences d’autres (t’es pas le seul Ă intellectualiser sans avoir expĂ©rimentĂ©….)
    Les conclusions auxquelles je suis arrivĂ©e sont assez opposĂ©es…
    En fait je distinguerai
    -l’attirance
    -l’amour
    -la relation amoureuse
    L’attirance que je peut avoir pour quelqu’un ne dĂ©pend que de moi ou plutĂ´t que de ma façon de voir cette personne. Ainsi, je peux ĂŞtre attirĂ©e par quelqu’un sans que rien ne se passe entre nous, sans mĂŞme qu’il soit au courant…
    L’amour, par contre, n’existe que quand les deux personnes se sont avouĂ©es leur attirance et on dĂ©cider d’un projet commun. Ce projet peut ĂŞtre: apprendre Ă se connaĂ®tre, vivre ensemble, se marier, avoir des enfants, faire des choses ensemble…. Dans ce cas, je pense que cette construction doit remettre en question la construction que j’avais dĂ©jĂ mise en place pour ma vie… Je vois donc mal comment je pourrais avoir deux remises en question simultanĂ©es qui irraient dans des dirrections diffĂ©rentes (voire oposĂ©es puisque on ne fait pas forcĂ©ment les mĂŞmes projets avec deux personnes diffĂ©rentes).
    Enfin, la relation amoureuse est une concrĂ©tisation de cet amour. Mais l’Homme Ă©tant avant tout social, je pense que l’on ne peut vivre cette relation en autarcie et, sans rechercher forcĂ©ment une reconnaissance sociale, il est important de pouvoir dire Ă d’autre “on s’aime”, “on a des projets”… Sans atteindre forcĂ©ment l’intimitĂ© du couple, cette dimenssion sociale pousse Ă rĂ©flĂ©chir Ă ce qu’on veut extĂ©rioriser de notre couple…
    VoilĂ pour mon commentaire…je pense que c’est pas assez pour te convaincre mais j’Ă©spère que ça te fera un peu rĂ©flĂ©chir..et peut-ĂŞtre mĂŞme Ă©crire!
    En tous cas, c’est toujours aussi agrĂ©able de lire ta prose! mĂŞme (et surtout!) quand on n’est pas d’accord :o)

  6. Guilain Says:

    Quelle est la place du sexe dans ta conception de l’amour ? Les projets communs que tu cites sont intellectuels, relationnels (se connaitre, vivre ensemble…) ou sociaux (mariage, enfants…).

    Voila le point sur lequel je n’ai pas assez insistĂ© dans ce texte : je pense qu’on sous-estime largement les potentialitĂ©s de la sexualitĂ©. Je pense qu’on se contente d’une sexualitĂ© qui “fonctionne bien” (dans le meilleur des cas). Pourtant, je pense qu’elle peut ĂŞtre tellement forte, tellement intense, tellement Ă©panouissante, qu’elle en devient aussi importante, aussi vaste, aussi fertile que les autres domaines (relationnel et intellectuel, entre autres).

    D’oĂą me vient cet optimisme, moi qui n’ai aucune expĂ©rience sexuelle ? Principalement des tĂ©moignages et observations, mais aussi des considĂ©rations intellectuelles qui me font comprendre l’origine du puritanisme…

    Bien sur, il est important d’arriver Ă concilier la sexualitĂ© avec les projets communs que tu cites. La question est de savoir comment on peut y arriver. Ma rĂ©ponse est la “non promesse d’exclusivitĂ©” (au passage, ça veut simplement dire que je ne promets pas d’ĂŞtre monogame, mais ça ne veut pas dire que je serais nĂ©cessairement polygame : ça dĂ©pend de plein de choses !)…

    Ce que tu dis, c’est qu’on ne peut pas partager ces projets communs avec plusieurs personnes. Comme si on ne pouvait pas avoir des projets diffĂ©rents avec des personnes diffĂ©rentes… C’est tout Ă fait discutable : on peut bien avoir plusieurs amis !

    Quant Ă la reconnaissance sociale de ma vie amoureuse, je m’en contre-fous… Je n’ai pas besoin de ça pour ne pas vivre en autarcie, loin s’en faut !

    Merci de tes encouragements vis-Ă -vis de ma prose, ça me touche ! :-) Par contre, moi je prĂ©fĂ©rerais qu’on soit d’accord ;-)

  7. Anonyme Says:

    “On m’objectera que certains couples qui se veulent exclusifs arrivent Ă se dĂ©velopper sexuellement. Je constate que c’est extrĂŞmement rare. ” Je pense que cette affirmation est fausse. Elle est basĂ©e sur ce que tu vois de ton entourage et dans tous les cas baser une reflection concernant l’amour a partir de statistiques est mal vu a mon avis. Chaque personne est differente des autres bien entendu. Quand deux personnes se rencontrent il se passe quelque chose d’unique. Quel que soit ce qui se passe, une attirance, un desinteret peu importe, mais c’est unique, meme si on a tendance a vouloir toujours la comparer ou l’identifier a des relations deja existantes. Si l’on est capable de considerer chaque relation comme unique on n’a pas besoin de se fixer des regles de comportement, ces regles naissent d’elles memes en fonction de la relation en question. Quand tu rencontreras quelqu’un avec qui les regles qui se manifestent te comblent, tu peux faire ta demande en mariage ;p (enfin, mariage ou pas c’est pas le probleme, mais a mon avis, en ce qui concerne l’amour ca ne ser a rien de se fixer des regles parce qu’elles seront oubliĂ©es… je ne pensais pas que je me marierais un jour, et je voyais meme le mariage avec tous ses cotes negatifs…. et puis, soudainement… rencontre/fiancailles et perspective du mariage sans apprĂ©hension… apres bien sur ce qu’on appelle le “blues d’avant mariage” et compagnie.
    Pour ce qui est de l’epanouissement sexuel, la diversitĂ© des partenaires n’encourage pas l’epanouissement sexuel contrairement a ce qu’on pourrait croire, car l’epanouissement sexuel se fait quand deux personnes sont dans le meme ‘trip’… et pour etre dans le meme trip il faut se connaitre, et se faire assez confiance pour avoir revele son ‘trip’ a l’autre ;)… enfin, ce n’est que mon avis bien sur. C’est toujours quand on a trouvĂ© qu’on se dit qu’on aurait ete content de savoir ca des le debut… mais tant qu’on a pas trouvĂ© on en fait qu’a sa tete de toute facon. Donc ben, bonne route sur le chemin de l’eternel recommencement.

  8. Guilain Says:

    Merci pour ton commentaire stimulant. Je n’ai aucune idĂ©e de qui tu peux ĂŞtre !

    Oui, chaque personne est diffĂ©rente des autres. Il se passe quelque chose d’unique Ă chaque fois que deux personnes se rencontrent, OK… Mais ça n’empĂŞche pas de faire des statistiques ! Et mes observations statistiques (qui valent ce qu’elles valent) m’amènent Ă penser que la promesse d’exclusivitĂ© est nĂ©faste pour le dĂ©veloppement sexuel. Je n’ai pas l’impression de fixer Ă priori une règle de comportement. Au contraire, j’ai l’impression de laisser tout ouvert, en fonction des gens, des situations, etc.

    Ce n’est pas la diversitĂ© qui encourage le dĂ©veloppement sexuel, c’est la diversitĂ© RENDUE POSSIBLE (mĂŞme si on utilise pas cette possibilitĂ©). C’est comprĂ©hensible, mis comme ça ?

    L’argument de la fin est trop facile : “tu ne peux pas comprendre, toi qui n’a pas trouvĂ© la bonne personne, etc.”. Ta dernière phrase est intĂ©ressante. Je n’ai pas peur d’un Ă©ternel recommencement, prĂ©cisĂ©ment parce que je ne pense pas que ce sera un Ă©ternel recommencement. Je pense avancer, progresser, explorer, me dĂ©velopper… Est ce que la peur d’un Ă©ternel recommencement pousse Ă la promesse d’exclusivitĂ© ? (il fallait bien que je finisse, moi aussi, par une petite pique ;-).

    Bon, c’est pas tout ça, mais demain, levĂ© 7h00 :-( Pour ceux qui ont plus de temps que moi en ce moment, je vous conseille le site http://archet.net/ : j’aurais surement l’occasion d’en reparler :-)

    Tchuss

  9. Solveig Says:

    Quelques remarques : tout d’abord, tu seras sans doute interessĂ© par cet article : http://fr.wikipedia.org/wiki/Polyamour ainsi que par ces sites : http://gendertrouble.org/ et http://infokiosques.net/

    Sinon, ce que tu nommes Ă©goĂŻsme est en fait de l’Ă©gotisme, et est effectivement positif. L’Ă©goĂŻsme, c’est lorsque la prise en compte de nos interĂŞts se fait complètement au dĂ©triment de ceux des autres, ce qui est effectivement “excessif” et nĂ©gatif.

    Enfin voilà , ta démarche est très chouette, bon courage !

  10. Anonyme Says:

    Je crois que c’est surtout un dĂ©sir de reconnaisance exacerbĂ© qui amène cela. Ce genre de relations peut peut ĂŞtre galvaniser sur le moment mais c’est un vrai mirage. Et ce qui l’y a d’excitant dans une relation a deux (et a deux seulement et exclusivement, mĂŞme si l’on ne se promet pas un amour pour toute la vie) c’est d’avancer sur les joies mais aussi sur les Ă©preuves que connaĂ®t le couple. La relation polyamoureuse que vous prĂ©sentez comme solution Ă l’ennui et Ă la fermeture (sur tous les plans) est selon moi illusoire car on ne prend que ce que l’on veut bien voir chez l’autre et ce qui nous flatte, et c’est donc tout un pan de la relation qui est manquĂ©… mais bon je respecte ton choix!

  11. Guilain Says:

    Bonjour et merci de respecter mon choix :-) J’essaie de te rĂ©sumer : “il est excitant d’avancer sur les Ă©preuves que connaĂ®t le couple”, la relation polyamoureuse ne permet pas cela car “on ne prend que ce que l’on veut bien voir chez l’autre et ce qui nous flatte”.

    Voici le constat paradoxal que j’ai tendance Ă faire de mon cĂ´tĂ© : le polyamour est très adaptĂ© pour avancer sur les Ă©preuves que connaĂ®t le couple ! Polyamour ne rime pas avec “je romps au moindre problème”. Au contraire, je pense ! Je serais surement moins patient et moins serein si je vivais une Ă©preuve dans une relation exclusive. Dans ma situation, “je ne rate rien” en Ă©tant avec quelqu’un, “je ne me prive de rien”, “je ne mets pas en jeu mon identitĂ© sociale” (ou peu), bref, j’aborde les Ă©preuves avec un Ă©tat d’esprit très positif pour qu’on les fasse avancer.

    A moins bien sur que les Ă©preuves dont tu parles ne soient liĂ©es au caractère exclusif de la relation (ou Ă ce qui en dĂ©coule : exigences implicites, identitĂ© sociale en jeu, etc.). Dans ce cas, le polyamour ne permet pas d’avancer sur ces Ă©preuves, puisqu’elles ne sont pas prĂ©sentes. Qui s’en plaindra ? Les Ă©preuves, de toute façon, ce n’est pas ça qui manque !

    Je ne prends pas chez l’autre “ce que je veux bien voir” ou “ce qui me flatte” : je considère l’autre Ă la mesure de la qualitĂ© des moments que l’on passe ensemble. Non seulement cela ne semble pas aboutir au zapping, mais c’est plutĂ´t l’inverse : je me concentre sur les moments passĂ©s, et pas sur l’image sociale de l’autre, ni sur ses dĂ©fauts qui n’ont qu’un impact rĂ©duits sur les moments passĂ©s ensemble… Je suis plus flexible, et mon expĂ©rience me montre que cela n’a rien Ă voir avec l’indiffĂ©rence.

    Bref, à mon avis, le polyamour pose effectivement des problèmes, mais pas celui-là !

  12. Internaute Says:

    Bonjour

    Je suis arrivĂ© par hasard sur ton site … et je suis content de le dĂ©couvrir, pensant et vivant moi mĂŞme Ă  quelques choses près ce que tu proposes.

    J’ai parcouru les pages sur le “polyamour”. J’ai quelques remarques qui viennent je pense du fait de quelques annĂ©es de pratique qui complètent les visions intellectualisĂ©es du dĂ©but. Ce ne sont bien sur que mon avis personnel, Ă  prendre comme tel.

    Dans cet article tu dis “je ne promets ni exclusivitĂ© ni perennitĂ©”. Tu ne peux Ă  mon avis pas dire ce genre de chose sans apporter une compensation (d’oĂą la rĂ©action de “anonyme”). En effet exclusivitĂ© et pĂ©rennitĂ© sont les moyens classiques pour sĂ©curiser l’autre personne, dans le cadre d’un engagement de celle ci (engagement au sens “mettre une partie d’elle meme dans la relation”) obligatoire pour qu’une relation prenne du corps. Je pense qu’une relation a besoin d’ĂŞtre sĂ©curisĂ©e de la sorte pour aller de l’avant et que le dĂ©bat ne porte que sur la manière de la sĂ©curiser, polyamour ou non.

    En ce qui me concerne, je ne promet ni exclusivitĂ© ni pĂ©rennitĂ©, mais je promet en Ă©change tout simplement… fidĂ©litĂ© ! au sens propre bien sur, c’est Ă  dire “Constant dans son attachement, ses relations.” En d’autres mots ce n’est pas parce qu’on est amoureux Ă  volontĂ© qu’on n’est pas “sĂ©rieux”, qu’on ne pensera qu’Ă  nous, qu’on ne prendra que ce qui est bon, qu’on sera sensible Ă  chaque petite saute d’humeur.

    Polyamoureux, ce n’est autre qu’une multiplication de relations, c’est “plus qu’une seule relation”. Mais ladite relation ne doit pas avoir Ă  payer de cela sinon c’est dĂ©shabiller pierre pour rhabiller paul ;)

    Et ce n’est pas parce que tu ne promets pas pĂ©rennitĂ© que ta relation ne va pas durer jusqu’Ă  la mort ! C’est juste que tu ne t’y seras pas engagĂ© d’avance. Maintenant si une relation peut tenir ça vaut de l’or !

    J’ai lu aussi que tu prĂ©connisais de ne pas vivre ensemble, d’avoir chacun chez soi. Beaucoup le disent mais je pense que c’est une erreur car on tombe sinon dans le syndrome du “je t’aime que quand tu vas bien”. Je connais un type qui avais une copine qu’il n’allait pas voir si elle Ă©tait malade de peur d’avoir son virus. Or c’est justement quand on est malade qu’on a besoin de l’autre en prioritĂ©.

    Et si deux relations prennent la meme importance l’une que l’autre ça peut etre l’occasion de vivre en communautĂ©… Ca demande que chacun soit au meme niveau de transparence et d’ouverture mais c’est idĂ©al et c’est Ă  mon avis lĂ  que l’on profite rĂ©ellement du polyamour.

    Bon j’arrete pour aujourd’hui. Bon courage et surtout, met tes pensĂ©es en pratique !

    A+

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