Ame soeur, es-tu là ?

La vision traditionnelle du couple me semble être un pari très gonflé :

Des alternatives à l'âme soeur ?

J’aime les paris gonflés 🙂 Celui-là est d’ailleurs très attirant ! Il suffit de trouver la bonne personne (l’âme sœur) pour vivre des moments merveilleux dans tous les domaines, être rassuré par rapport aux problèmes de la vie, etc. Le pied, non ?

Oui, sauf que j’ai l’impression que ce pari est rarement réussi !

  • Soit l’âme sœur n’est pas trouvée, et c’est très souvent la recherche désespérée, accompagnée d’un fort sentiment de solitude : « je me sens seul, j’hésite à me rapprocher de telle personne qui m’attire physiquement, mais avec qui je ne me vois pas avoir d’enfant, ou de telle personne avec qui j’aimerais partager mon identité sociale mais qui ne m’attire pas physiquement, etc. »
  • Soit l’âme sœur est trouvée, mais c’est très souvent au prix d’un renoncement à s’épanouir dans un ou plusieurs des 8 domaines ci-dessus, ainsi que d’une exacerbation des tensions liée à la forte interdépendance (imbrication). Bien entendu, le fait que les 4 domaines du haut soient exclusifs n’arrange rien.

Des alternatives existent. Elles ne sont pas forcément meilleures, elles sont aussi des paris gonflés – surtout que dans notre société, elles amènent à se marginaliser – mais de toute façon, il est toujours intéressant d’en avoir conscience et d’y réfléchir !

A l’extrême inverse du modèle traditionnel que je viens d’esquisser, on peut envisager de partager chacun des 8 domaines avec plusieurs personnes – un groupe différent de personnes pour chacun des domaines ! Les avantages sont réels. Moins d’interdépendance, et donc des exigences qui se placent dans les moments partagés et non dans la personne en elle-même. Plus de personnes en interactions, donc plus d’ouverture, d’intensité, de renouvellements, etc. Les inconvénients sont sans aucun doute très réels eux aussi ! Insécurités, déstructurations, jalousies, temps et/ou argent qui manquent, etc.

Par exemple, je pourrais habiter avec certaines personnes, mais avoir des enfants avec plusieurs autres personnes (pourquoi pas des personnes avec qui il n’y aurait pas une grande attirance corporelle ? On se serait choisi sur d’autres critères !). Bien sur, ça remet fortement en question la cellule familiale, avec par exemple ce qui me semble être un grand avantage pour les enfants : ils auraient plus d’adultes auxquels se référer (je ne rentre pas ici dans les détails). Je pourrais aussi partager de la sensualité et de la tendresse avec des ami(e)s sans relation sexuelle. Je pourrais ne partager que des moments sexuels avec certaines personnes ! etc.

Toutes les combinaisons sont possibles ! Et rien n’interdit de partager plusieurs domaines avec la même personne, ou de ne partager un domaine qu’avec une seule personne ! Mais avoir conscience de mes choix m’a aidé. Peut-être cela vous aidera-t-il ? Quelles combinaisons formez-vous en ce moment ?

13 thoughts on “Ame soeur, es-tu là ?”

  1. C’est une théorie qui doit surement pouvoir s’appliquer, si tu trouves d’autres gens prêts à rentrer dans un tel système (pas évident de nos jour :-d)… En fait c’est un peu l’assouplissement des couples, non ?

  2. Le danger de cette explosion du couple classique, c’est qu’on ne peut objetiser les personnes en ne les cantonnant qu’à une “fonction” donnée; de plus, les désirs de chacun évoluent au cours du temps, ce qui pourrait aller à l’encontre de ta vision sur le long terme.

    Tiens, d’ailleurs, en parlant de long terme, j’ai quelques réserves sur les enfants. A mon sens, les configurations ne sont pas si nombreuses à pouvoir être acceptables: par exemple, un couple gay et un couple lesbien qui s’arrangent pour avoir des enfants et fondent un foyer à 4, ça ne me choquerait pas, mais un père avec 10 mères, qui ont chacunes des enfants, de plusieurs partenaires, changeants dans le temps, ça commence un peu à devenir le capharnaum pour le développement psychologique des enfants, non?!?

    Tu sais que je vais me marier prochainement, alors mon avis sur la conception du couple est foncièrement différente de ce que tu dis ici. Pour moi, croire qu’on peut réduire une personne à une fonction, c’est ne pas la respecter dans son intégrité, même si elle-même accepte de vivre cela.

    L’âme soeur existe, Guilain, elle est peut-être toute proche de toi. Une femme, ou peut-être un homme, qui sait? 😉 Dans tous les cas, quelqu’un qui est capable de t’accepter et de t’aimer tel que tu es, sans calcul ni réserve. Quelqu’un qui saura t’apporter une sécurité, une sexualité, la tendresse, peut-être des enfants si tu as de la chance.
    Alors, bien sûr, des difficultés peuvent apparaître au fil des années, et dans ce cas, il n’y a que 2 possibilités: soit tu t’es loupé et ce n’était pas ton âme soeur, soit la communication du couple est mauvaise et les personnes ont évolué dans des directions différentes avec le temps.

    C’est tout le secret! La question “Ame soeur, es-tu là”, il faut la reposer, même après le mariage, savoir se remettre en question, son couple, mais aussi soi-même. Pas de formules magiques cependant… C’est un pari fou, que l’engagement à deux. Avec à la clé beaucoup de bonheur!

  3. J’ai pas envie d’être trop long 😉 Je vais me concentrer sur le problème de l’objectisation des personnes : “croire qu’on peut réduire une personne à une fonction, c’est ne pas la respecter dans son intégrité, même si elle-même accepte de vivre cela”.

    Je ne compte pas la réduire à une fonction ! Je compte partager des moments avec elle (ou autre chose)… Et si, par exemple, je ne souhaitais partager que le sexe avec elle, je pourrais très bien la prendre en considération en tant que personne, être attentif à elle, respecter ses limites et les miennes, ne pas tricher avec ce que je ressens, etc. Donc ça ne me parait pas être une question de respect.

    Par contre, tout en m’assurant de ce respect, je pourrais en même temps voir l’autre comme étant aussi un objet sexuel et surtout de m’accepter moi-même comme objet sexuel ! Ca demande d’aimer le sexe pour le sexe et non pas d’avoir du sexe parce qu’on aime l’amour (romantisme, transcendance, etc.). Bref, ce serait quelque chose de différent ! A mon avis, c’est intéressant, mais à vrai dire, j’ai jamais eu l’occasion d’être totalement dans ce trip !

  4. Je me sens rarement dans une fonction. Même si je passe l’aspirateur, si je me brosse les dents, si je suis à mon boulot, si je fais l’amour, si je prépare le diner, si j’écris, je me sens unique, totale, entière, bref un être humain dans sa complexité, coprs et cerveau confondus, dans une globalité. A moins que je n’ai pas saisi le sens de “l’objectvation des personnes”. Peût-être que lorsque “JE” suis sujet, je ne comprends pas le sens de cette objectivation; s’agit-il alors de moi, en tant qu’objet de l’autre, au sens strict du terme ? Oui, bien sûr que je me suis ressentie déjà comme un objet, mais au fond, c’est très rare. Par exemple, c’est le cas dans une conversation à trois avec mon amoureux, et que celui-ci ne s’interesse plus à moi. La négation à mon sujet me donne une place de potiche, où ma transparence prend la forme au mieux d’un bouquet de fleurs, au pire de l’encombrante. Pourquoi interroger la notion de respect ?
    Je ne suis pas très intello, mais je viens de lire tous les commentaires, et ça m’interesse.

  5. Une autre alternative qui rejoint peut-être l’idée d’assouplissement de couple évoqué par Bertrand est une ouverture du couple pour combattre le risque d’enfermement et le renoncement aux divers épanouissements.

    Partager l’éducation des enfants avec son conjoint et d’autres personnes que son sonjoint est déjà réalisé finalement puisque elle repose aussi sur les enseignants et éducateurs.

    Partager la sexualité, sensualité/tendresse avec son conjoint et d’autres personnes que son sonjoint semble être de plus en plus fréquent (libertinage)

    Partager son identité sociale avec d’autres ne semble plus aujourd’hui être un souci dans la vision actuelle du couple. Idem pour les amis qui peuvent ne pas être les mêmes ; dans ce cas, chacun du couple doit pouvoir disposer de moments personnels.

    Evolution du couple ?

  6. Après avoir lu ces commentaires, je réagirais positivement à celui de Sébastien. J’aime beaucoup son approche du couple sa conclusion résume bien :

    C’est tout le secret! La question “Ame soeur, es-tu là”, il faut la reposer, même après le mariage, savoir se remettre en question, son couple, mais aussi soi-même. Pas de formules magiques cependant… C’est un pari fou, que l’engagement à deux. Avec à la clé beaucoup de bonheur!

    Se poser des questions, chercher à connaître l’autre. C’est la recherche d’une vie. Quel plaisir de partager des moments à deux et en plus si ceux ci on était recherché ensemble.
    La conception que propose Guilain me semble peut-être viable pour des personnes qui partagent cette vision. Mais je trouve cela dommage car il y a tant de choses à construire, à partager à deux sans être dans l’enfermement!

    A vous lire

  7. Pour ma part je ne suis peut-être pas bien placé pour exprimer mon opinion sur un sujet qui me pose autant de problèmes au moment où je t’écris…
    Je m’explique, j’ai un nouvel ami depuis 3 mois avec qui ça se passe tellement bien que l’on se voit partageant tous “les domaines” et cela pour la vie 😉
    Seulement cela fait trois semaines qu’il est en stage dans un hôpital au Mali et Pénélope commence à avoir des crampes dans les doigts, … l’Odyssée c’est marrant pour ceux qui sont sur le bateau, pour les autres…
    pour préciser ma vision du couple je pense en effet que l’exclusivité ne peut qu’exacerber nos névroses sur le terme (la peur de l’abandon par exemple).
    Si nous pouvons nous projeter aussi loin dans l’avenir avec mon compagnon c’est parce que l’on a la même idée de la “fidélité”,
    pour nous ce qui compte c’est avoir des sentiments pour l’autre, mais certainement pas avoir des relations sexuelles exclusivement avec l’autre.
    Je pense que l’exclusivité sexuelle engendre une frustration qui d’une manière ou d’une autre va nuire a la relation.
    Ensuite, dans ce domaine tout est possible, à chacun de savoir ce dont il a besoin pour s’épanouir sexuellement, de plus la liberté se prend ou elle ne se prend pas. Le simple fait de savoir que le corps des autres n’est pas un interdit rend beaucoup moins attrayant la plupart des relations charnelles possibles.
    Par contre même si je ne pense pas que vous utilisiez le terme “âme soeur” dans son sens littéral, il me fait beaucoup rire, il fait reférence pour moi a la conception grècque antique du couple comme ayant été un seul et même être formant une sphère parfaite et ayant été coupée en deux, chaque moitié ensuite jetée hasardeusement sur cette vaste terre… bonjour les chances de la retrouver ! (même si a l’époque le monde se limitait a la méditérrannée, il faut une bonne dose d’optimisme !)

  8. Bonjour,

    Je suis peut-être trop pragmatique et rationnel mais il me semble que l’âme soeur ne saurait être une “construction” ni même une “quête” si l’on souhaite que le couple soit harmonieux le plus longtemps possible.
    Je suppose donc déjà ici que l’objectif est d’avoir un couple harmonieux qui dure.

    A mon avis, atteindre cet “objectif” n’est guère aisé mais possible.
    Un seul préalable : ne pas essayer de théoriser quoi que ce soit à propos de la vie de couple !
    A partir du moment ou l’on essaie de théoriser, on est dans le calcul (d’une façon ou d’une autre). Et le calcul n’est pas l’ingrédient idéal pour qu’un couple soit harmonieux et dure. Le calcul favorise le faux-semblant, l’illusion d’être heureux. En amour, et d’une façon générale, il est fondamental d’être honnête avec soi même : on peut se “construire” une image vis-à-vis des autres mais il vaut mieux rester soi même avec… soi.

  9. Et bien, heureusement que la vie n’est pas restreinte à la vision qu’on s’en fait.
    L’essentiel n’est-il pas d’être heureux dans sa vie et du partage qu’on en fait avec sa moitié (tierce, …) ?
    Le bonheur des autres constribue au sien propre ; rendre les autres heureux c’est se rendre heureux (moment de naiveté, navré).

    Bien content qu’il n’y ait pas de modèle ou modélisation de la relation humaine.

    Ok, je prends le fil un peu tard, mais il ne l’est jamais trop.
    J.

  10. “L’âme soeur existe”

    Moi je dirais “Pour chacun, il existe une âme soeur.”, comme en maths.
    Car je ne suis pas persuadée qu’il n’en existe qu’une. Très loin de là !

  11. l’âme soeur existe sûrement pour chacun d’entre nous, une vie ne suffit souvent pas à la rencontrer..
    pour cela il faut se mettre à nu, s’ouvrir sans peur, être honnête avec nous même, vivre pleinement les rencontres et se nourrir de chacune d’entre elles surtout si elles on été douloureuses pour grandir et attirer à soi la personne que l’on mérite et qui nous mérite.

  12. Pour moi, l’Ame soeur est un concept réstricitf en soi. c’est comme l’enfant qui attend son prince charmant.

    La vie est faite de rencontre, de découverte, d’envie de connaitre, de partager, de construire parfois…Et parmi tout ces personnes que l’on croisent, il en a avec qui on a envie de s’arrêter un moment, parfois un long moment, il y a en a qu’on aimes.
    Dire qu’il y a une personne faite pour nous, NON, il y en a plein, après c’est une question de choix mutuel.

    Et pour ceux qui pourrait penser que je suis complètement désillusionner… je répond simplement que je ne suis plus une petite fille qui croit au prince charmant. Mais une femme qui crois en l’amour et en la vie !

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