Madeleine Chapsal

Voici quelques citations de “Un été dans histoire” de Madeleine Chapsal 🙂

En temps ordinaire, nous faisons l’amour comme des sauvages, ou plutôt comme ne le font pas les sauvages : on s’enfile, on s’agite convulsivement, on pousse trois petits gémissements plaintifs et ça y est. J’ai toujours désiré faire l’amour d’une autre façon, extrêmement lente. Je ne sais pas s’il est ainsi pour les hommes, mais je sais qu’on peut mener une femme jusqu’à l’acmé de l’excitation, jusqu’à l’orgasme, en répétant indéfiniment la même caresse au même point de son corps, quel qu’il soit et même s’il paraît indifférent au début. Cela frôle le supplice, bien entendu, comme tout ce qui touche à l’érotisme. Mais va te faire foutre, c’est toujours au même traitement vite expédié qu’on a droit – comme si nous avions tous, et toutes, un mode d’emploi, le même (avec variante pour le sexe opposé), inscrit sur la peau du ventre ! Variante féminine : la bouche, les seins, une rapide exploration de la vulve pour voir si c’est bien mouillé et hop l’oiseau au nid. Je parle des meilleurs cas, de ceux où ça marche, bien entendu. Les autres, passons-les par profits et pertes. Continue reading Madeleine Chapsal

L’antiperfectionnisme libéral

Extraits de “Sexe : le point aveugle du libéralisme politique” de Jean-Cassien Billier (dans “Comprendre la sexualité” 6ème numéro d’une revue de philosophie et de sciences sociales éditée par PUF, à paraître prochainement)

[…]

Il est temps aujourd’hui de saisir qu’une posture nouvelle est tenable ; celle qui consiste à assumer jusqu’au bout les principes du libéralisme politique contre tout conservatisme moral, sans pour autant forcément endosser les thèses les plus béatement optimistes du libéralisme économique débridé.

[…]

L’antiperfectionnisme libéral tente de mettre en application au moins trois grands principes :

  • le principe de la considération égale, qui exige d’accorder la même valeur à la voix ou aux intérêts de chacun
  • le principe de neutralité de l’Etat à l’égard des conceptions du bien personnel (1)
  • le principe d’intervention limitée de l’Etat aux cas de torts flagrants causés à autrui.

L’application conjointe de ces principes devrait permettre d’assurer que les pratiques et les orientations diverses de nos contemporains en matière de sexualité ne doivent être limitées que dans les cas où celles-ci nuisent de façon flagrante à autrui (et non pas à eux-mêmes, puisqu’il s’agit de leur liberté et non de la nôtre). […] Continue reading L’antiperfectionnisme libéral

Mon parcours amoureux…

Longtemps je me suis peu intéressé à la vie amoureuse, la sensualité et la sexualité. J’étais plutôt fier de m’en montrer détaché. Ce détachement n’était pas difficile : j’avais une certaine attirance pour les filles, mais elle était liée à des préoccupations sociales ou intellectuelles, ou à des considérations pas assez motivantes (beauté du visage, des cheveux…). Fantasmes quasi-inexistants. Masturbation de même…Asexualité. C’est le nouveau terme à la mode. 1% de la population selon quelques enquêtes. Je pense que ce chiffre est largement sous-estimé.Depuis quelque temps, j’aimerais que la donne change en ce qui me concerne, et elle change… Timidement, mais elle change 🙂 J’accorde beaucoup d’importance à la vie sensuelle et sexuelle. Ce domaine me semble vaste, plein de promesse d’intensité, de plaisir… Petit à petit, je développe mes envies et je prends confiance en moi :-)Le déclic : une prise de conscience intellectuelle suite à des lectures, des témoignages, etc. et aussi la découverte de la sensualité. Tout cela principalement grâce à Michel Lobrot. Continue reading Mon parcours amoureux…

Bingo ou les arbres de connaissances

Le concept des “arbres de connaissances” est simple. Une classe (ou plus généralement un groupe) est composé les élèves (de personnes) qui maîtrisent chacun telles ou telles connaissances (elles ont des caractéristiques distinguables). Un “arbre de connaissance” cartographie la classe sous la forme d’un arbre : dans le tronc, les connaissances partagées par tous ou presque, dans les branches, les connaissances partagées par un même sous-groupe (plus on parcours la branche, plus le sous-groupe s’amenuise). Cela permet d’une part à l’élève de voir sa place dans le groupe (l’arbre change si lui-même change) et d’autre part d’avoir des idées de nouvelles connaissances à maîtriser. En plus, il permet de constater les connaissances qui vont ensemble et ces constations sont parfois riches de surprises.

Philippe Ruelen, un instituteur avec qui je travaille a déjà fait pour sa classe un logiciel qui marche très bien dans sa classe, ainsi que dans la classe d’une poignée d’autres collègues (nommé Bingo). Il existe un logiciel propriétaire Gingo®, mais c’est une usine à gaz. Le logiciel que je crée (j’ai déjà bien avancé) est un service web, ce qui apporte énormes avantages : les enfants peuvent montrer aux parents quand ils sont chez eux (s’ils ont Internet chez eux), différentes classes peuvent avoir la même banque de “brevets”, c’est-à-dire le même ensemble de connaissances à disposition (avec possibilité de fusionner deux connaissances similaires), les enfants peuvent continuer à voir évoluer l’arbre de leur ancienne classe, etc.

Ce truc pourrait s’appliquer à autre chose que des connaissances : par exemple, un arbre des compétences, un arbre d’idées de projets, un arbre d’activités…

L’écologie via le développement personnel ?

Il faut réduire d’un facteur 3 nos dépenses énergétiques et nos pollutions (facteur 8 pour les états-uniens).

Le développement personnel permet de réduire la consommation : les passions, les activités qui plaisent, etc., poussent à chercher à libérer du temps, donc à travailler moins (je parle ici de travail alimentaire) et donc à dépenser moins. Le manque de confort qui résulte de cela n’est acceptable qu’à condition d’un bon développement personnel.

De plus, une personne qui vit bien sa vie est bien plus sensible à l’argument écologique…

Je ne suis pas anti-capitaliste !

Le capitalisme, la loi du marché, la concurrence, la compétition, la recherche de la productivité, etc., c’est le meilleur système pour créer des richesses économiques (biens et services). Je ne vois pas d’autre système économique qui n’irait pas vers une pauvreté généralisée !

Pour éviter l’acroissement des inégalités économiques, des instances supérieures doivent mettre en place des taxes appropriées (qui financent alors les services publiques). Il y a cependant un équilibre difficile à trouver : trop de taxes découragent les initiatives (ou les investissements) et nuisent à tous.

Tant que ces taxes sont gérées au niveau national, les états sont en concurrence, et ça empêche la recherche de cet équilibre difficile (problèmes de fuites de capitaux, de paradis fiscaux, etc.).

Liens avec le développement personnel :

Le but de l’activité économique n’a rien à voir avec ceux du développement personnel, et les approches décrites précédemment ne sont pas appropriées (par exemple pour le management dans les entreprises).

Le développement personnel, puisqu’il pousse les gens à devenir experts dans certaines activités, encourage la prise d’initiatives économiques, ce qui est un excellent remède contre le chômage.

Le développement personnel amènent les gens à mieux se sentir dans leur vie, à développer des qualités relationnelles, etc., et permettent donc indirectement une meilleure efficacité économique.

Dans quel(s) domaine(s) l’état est-il légitime ?

Il est souvent très pertinent qu’un groupe mette en place des régles et instaure des garants de ces régles (par un exemple, un état une police). Mais ces régles doivent être établies par le groupe, révisables par le groupe et doivent se contenter de limiter à empêcher des torts causés à autrui.

Cela est une approche très constructive pour gérer la discipline par exemple dans une classe (le garant des lois étant l’instit, sachant que des lois supérieures au groupe classe – des lois nationales par exemple – ne sont pas négociables et s’appliquent sur la classe via l’instit).

L’état doit tout faire pour encourager les diverses initiatives dans tous les domaines, les remises en question, etc. (et aussi réduire les formalités administratives, mais c’est une évidence).

L’état implique un risque important de corruption en tous genres (voir par exemple l’excellent spectacle elf, la pompe Afrique. Il faut donc un système anticorruptif puissant.

L’Etat ne doit pas défendre de morale perfectionniste : voir la page L’antiperfectionnisme libéral

La pédagogie de la mouche

Texte tiré du site de Bernard Collot :

En ce début d’année scolaire, à plusieurs reprises, on m’a demandé : “Mais qu’est-ce donc cette soi-disante pédagogie de la structure et de la communication ? Et comment tu fais ?”. La question piège ! Je ne sais pas très bien comment je fais ! et pourtant, au fur et à mesure que les années passent, je sais bien que je ne fais pas n’importe quoi, je commence même par en être sûr ! Qu’est-ce qui détermine chacun de nos actes pédagogiques, tout au moins les miens ? Alors, en cette belle journée de pré-rentrée, par la fenêtre ouverte, bzzzzz… j’ai découvert que j’essayais d’organiser ma classe suivant la pédagogie… de la mouche!

Et c’est assez simple, il suffit… ou plutôt il faut…

Il faut qu’une mouche puisse rentrer dans la classe, éventuellement se poser sur une vitre (1).

Il faut qu’un enfant puisse éventuellement la voir, éventuellement la regarder (2).

Il faut qu’il puisse, éventuellement, s’en approcher (3), poser son menton sur sa main et partir sur son dos à travers des nuages verts.

Il faut qu’il puisse, éventuellement, lui parler, lui chanter ou aller chanter la chanson de la mouche au magnétophone, aller à l’atelier peinture peindre le voyage avec la mouche ou, dans un coin tranquille (4), écrire un poème de mouche, et, pourquoi pas, écrire à la mouche.

Il faut qu’il puisse, éventuellement, attraper la mouche, la mettre dans une boite et la cacher dans son bureau, ou lui arracher une aile pour voir si une mouche avec une aile, ça vole (5). Continue reading La pédagogie de la mouche

Freinet et Collot

Je me suis intéressé à Fernand Oury (proche de Freinet), puis à Freinet, en 1ère année de prépa, après avoir lu Libres enfants de Summerhill de Neill. Ce bouquin m’a permis d’entrevoir qu’on pouvait faire autre chose que le système scolaire que j’avais vécu et que je vivais encore (qui m’avait saoulé allégrement et qui continuait à me saouler). En même temps, et avec les mêmes motivations, j’ai découvert Carl Rogers.

Ce que j’apprécie particulièrement chez Freinet, c’est la liberté qu’il a donnée aux élèves pour “tâtonner”, faire de “l’expression libre”, etc. En plus, il a mis en place des outils stimulants qui favorisent la communication (imprimerie, correspondance scolaire, etc.).

Ce qui m’a paru le plus pertinent, chez Fernand Oury, c’est la gestion des régles collectives. Il a mis en place des structures qui permettent aux enfants d’auto-gérer au maximum leur vie commune (notamment le fameux “conseil d’enfants”). De plus, il met en cause l’évaluation avec des notes et opte pour un système qui encourage l’évolution : les ceintures comme au judo.

J’ai rencontré Bernard Collot en janvier 2004 (à un salon organisé par des gens de la mouvance Freinet). Je me sens parfaitement en phase avec son approche pratique, même si les constructions théoriques qu’il construit ne m’éclairent pas. Ce qui m’intéresse le plus dans sa pratique, c’est qu’il dépasse les pédagogies “actives”. Ces dernières s’efforcent de rendre actif l’élève pendant le travail. C’est déja un progrès par rapport à la pédagogie “traditionnelle” – Collot l’appelle pédagogie du 1er type – où le professeur parle et croit ainsi déverser son savoir vers les élèves… Mais dans les pédagogies actives (2ème type), c’est le professeur qui “impose” les activités et le travail. Dans ce qu’il appelle la pédagogie du 3ème type, Bernard Collot s’efforce de mettre en place un environnement le plus stimulant possible, le plus relié possible à la “vraie vie” des enfants, et il cesse de vouloir être le déclencheur direct des activités. Il est parfois le déclencheur indirect (grâce à l’environnement stimulant mis en place), mais le déclencheur est souvent ce qui arrive aux enfants en dehors de la classe. C’est pour cela qu’il appelle cette pédagogie la pédagogie de la mouche. Les enfants sont libres et accompagnés…

Lisez le texte sur la pédagogie de la mouche, c’est vraiment un texte qui vaut le déplacement 🙂

Voici un site d’instits de la mouvance Freinet/Collot dont je suis le webmaster : Marelle

Christian Bobin

Je suis tout-à-fait séduit par le livre “Folle Allure” de Christian Bobin. Ce livre m’habite encore, plusieurs jours après l’avoir lu 🙂 Voici quelques extraits pour vous donner envie :

Tu sais, petite, la pâtisserie et l’amour, c’est pareil – une question de fraîcheur et que tous les ingrédients, même les plus amers, tournent au délice.

Je ne comprends pas tout ce qu’elle me dit. Je ne comprends même rien, j’écoute sa voix traversée d’oiseaux et soudain, j’éclate de rire. Elle me regarde sans surprise, avec bonheur même.

(…)

C’est fou ce qu’on peut dire comme bêtises pour retenir les gens – et c’est fou comme les gens croient aux bêtises qu’on leur dit. Ma chérie, ma douce. Tu es la plus belle, tu es la meilleure. Tu es indispensable. Et puis quoi encore. Le premier film avait séduit les critiques. Je n’y avais qu’un second rôle et ils n’avaient parlé que de moi. Le second, c’est sûr, serait un succès. Tournage au Canada. Il n’y aura pas de second. J’ai pris l’argent du premier, j’ai compté, cela devrait me suffire pour passer trois ans dans le Jura. Peut-être quatre. Après je verrai. Je les entends d’ici. Irresponsable, immature, capricieuse, sale gosse. Le vrai mot ils ne le trouveront pas. Le seul mot qui n’est pas dans leur vocabulaire parce qu’il n’est pas dans leur vie : libre.

(…) Continue reading Christian Bobin

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