Archive pour la catégorie 'Livres'

Extraits de « King Kong théorie » de Virginie Despentes

Lundi 11 février 2008

Ca devient une habitude, quand un livre me plait, je sélectionne les passages qui m’ont le plus touchés et je les publie ici. « King Kong théorie » se prête bien à ce genre d’exercice. D’abord parce certains passages m’ont particulièrement marqués : notamment un passage sur la séduction féminine, un sur la prostitution et un sur l’asexualité féminine (que j’estime aussi importante que l’asexualité masculine). Mais aussi parce que ça m’a permis de ne pas faire apparaître les « théories du complot », ou certaines explications que j’ai trouvées simplistes. Ces points négatifs ne m’empêchent pas d’être admiratif et acquis aux causes de ce « nouveau féminisme ».

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Collège « difficile » : des innovatrices bien inspirĂ©es racontent…

Jeudi 27 septembre 2007

Je viens de lire le livre « L’école, les belles et la Bête » de Aline Peignault et Marie-Pierre Degois, paru en avril 2007 aux éditions « Chronique Sociale ».

Passionnant, mais assez difficile à raconter. Les deux auteurs, l’une prof au collège, et l’autre Principal, racontent des séquences de vies : au début leurs souvenirs d’enfance, leurs formations, puis leur expériences professionnelles.

J’apprécie particulièrement les récits de Marie-Pierre Degois. Ils m’éclairent bien sur les processus qui ont contribué à la réussite de certains projets du collège. En plus, j’aime beaucoup sa façon décrire et son :-) J’ai repris certains passages de livre (dont un de Aline Peignault). Cela donne un petit texte agréable et rapide à lire, je pense que vous ne serez pas déçus du détour :-)

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Penser la pornographie (Ruwen Ogien)

Samedi 31 mars 2007

Couverture du livre 'Penser la pornographie' de Ruwen OgienJe viens de lire « Penser la pornographie » de Ruwen Ogien (2003). Et me voila parti sur ce sujet délicat :-) Qu’est-ce qui me motive à lire et à écrire sur la pornographie ? C’est à la fois la continuité de mes remises en question, ici sur le plan sexuel, et ma révolte contre le moralisme ambiant. De plus, dans ce domaine, la lecture m’a amené à changer de position, donc je pense qu’écrire sur le sujet peut avoir un certain impact sur mes (quelques) lecteurs. Enfin, c’est aussi parce que je pense que la société perd beaucoup à la condamnation morale de la pornographie.

OUI aux règles (ou aux condamnations morales) dont l’esprit est :
1/ d’empêcher le tort causé à autrui ;
2/ de défendre une égale considération de chacun

OUI à ces règles et à des garants forts pour ces règles.

Par contre, NON aux règles (ou aux condamnations morales) qui ne seraient pas liées à ces deux points, c’est-à-dire qui ne s’appuieraient pas sur « l’éthique minimale » !

La pornographie confrontée à l’éthique minimale, c’est intéressant parce que :

  • certains arguments pornophobes ne s’appuient pas sur l’éthique minimale ;
  • les autres arguments pornophobes se rĂ©clament de l’éthique minimale mais se rĂ©vèlent en fait douteux ;
  • les règles ou les condamnations morales pornophobes (qui sont mises en place Ă  partir de ces arguments) ont, Ă  mon avis, des consĂ©quences nĂ©gatives plus importantes que ce qu’on pourrait penser Ă  première vue (lĂ , je sors du domaine explorĂ© par Ruwen Ogien dans son livre).

Pourquoi y’a-t-il autant de règles et de condamnation morales contre la pornographie ?

Ethique minimale Type d’argument Arguments antipornographie
Arguments s’appuyant dessus Elle cause un tort Ă  autrui 1. « protection de la jeunesse »
2. « incitation à la violence sexuelle »
3. « conditions de travail déplorables »
Elle va à l’encontre de l’égalité dans la prise en compte des voix et des intérêts de chacun 4. « dégradation des femmes »
Arguments ne s’appuyant pas dessus Elle est médiocre 5. « mauvaise qualité des films »
Elle cause un tort à soi-même 6. « “modèle” moral inacceptable : sexualité interchangeable, dissociée de tout sentiment, de toute affectivité »
7. « perte futile de temps, d’argent et d’énergie »

Je vais commencer par commenter rapidement les arguments qui ne s’appuient pas sur l’éthique minimale. Je ne m’étendrai pas.

L’argument qui m’intéresse le plus est le 4 : la « dégradation des femmes ». C’est personnellement ce qui me gêne le plus dans la pornographie. Je citerai un assez long passage du livre de Ruwen Ogien. C’est sur ce passage que j’ai le plus envie d’échanger (dans les commentaires en bas de la page ou dans la vraie vie).

Je parlerai de l’argument 1 : « protection de la jeunesse » Ă  la fin : c’est long et je n’arrive pas vraiment Ă  trouver un bon compromis « concision – exhaustivitĂ© ». Cependant, il y a matière Ă  riches rĂ©flexions…

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Didier van Cauwelaert est top ! Un cercle de lecture, ça vous dit ?

Samedi 12 août 2006

J’ai fini de lire hier soir “Rencontre sous X” de Didier van Cauwelaert. Je suis grave enthousiaste :-) J’ai l’impression que c’est le meilleur livre que je n’ai jamais lu ! Des personnages très attachants avec des rĂ©voltes touchantes et jouissives, un humour que j’apprĂ©cie beaucoup (un peu façon “petit Nicolas”), une relation amoureuse atypique oĂą plein de choses sont inversĂ©s…

En tous cas, ça m’a donnĂ© envie d’organiser un cercle de lecture ! On en faisait Ă  Lyon l’annĂ©e dernière : tous les mois, un livre et un rendez-vous chez quelqu’un pour en discuter, chacun ramène un peu Ă  bouffer ou Ă  boire… C’est chouette pour rencontrer de nouvelles personnes et pour dĂ©couvrir de nouveaux auteurs !

Si ça vous branche, faites moi signe :-)

Voici quelques passages (pas forcĂ©ment significatifs) : (more…)

Madeleine Chapsal

Jeudi 26 janvier 2006

Voici quelques citations de “Un Ă©tĂ© dans histoire” de Madeleine Chapsal :-)

En temps ordinaire, nous faisons l’amour comme des sauvages, ou plutĂ´t comme ne le font pas les sauvages : on s’enfile, on s’agite convulsivement, on pousse trois petits gĂ©missements plaintifs et ça y est. J’ai toujours dĂ©sirĂ© faire l’amour d’une autre façon, extrĂŞmement lente. Je ne sais pas s’il est ainsi pour les hommes, mais je sais qu’on peut mener une femme jusqu’Ă  l’acmĂ© de l’excitation, jusqu’Ă  l’orgasme, en rĂ©pĂ©tant indĂ©finiment la mĂŞme caresse au mĂŞme point de son corps, quel qu’il soit et mĂŞme s’il paraĂ®t indiffĂ©rent au dĂ©but. Cela frĂ´le le supplice, bien entendu, comme tout ce qui touche Ă  l’Ă©rotisme. Mais va te faire foutre, c’est toujours au mĂŞme traitement vite expĂ©diĂ© qu’on a droit - comme si nous avions tous, et toutes, un mode d’emploi, le mĂŞme (avec variante pour le sexe opposĂ©), inscrit sur la peau du ventre ! Variante fĂ©minine : la bouche, les seins, une rapide exploration de la vulve pour voir si c’est bien mouillĂ© et hop l’oiseau au nid. Je parle des meilleurs cas, de ceux oĂą ça marche, bien entendu. Les autres, passons-les par profits et pertes. (more…)

Christian Bobin

Lundi 7 mars 2005

Je suis tout-Ă -fait sĂ©duit par le livre “Folle Allure” de Christian Bobin. Ce livre m’habite encore, plusieurs jours après l’avoir lu :-) Voici quelques extraits pour vous donner envie :

Tu sais, petite, la pâtisserie et l’amour, c’est pareil - une question de fraîcheur et que tous les ingrédients, même les plus amers, tournent au délice.

Je ne comprends pas tout ce qu’elle me dit. Je ne comprends même rien, j’écoute sa voix traversée d’oiseaux et soudain, j’éclate de rire. Elle me regarde sans surprise, avec bonheur même.

(…)

C’est fou ce qu’on peut dire comme bêtises pour retenir les gens - et c’est fou comme les gens croient aux bêtises qu’on leur dit. Ma chérie, ma douce. Tu es la plus belle, tu es la meilleure. Tu es indispensable. Et puis quoi encore. Le premier film avait séduit les critiques. Je n’y avais qu’un second rôle et ils n’avaient parlé que de moi. Le second, c’est sûr, serait un succès. Tournage au Canada. Il n’y aura pas de second. J’ai pris l’argent du premier, j’ai compté, cela devrait me suffire pour passer trois ans dans le Jura. Peut-être quatre. Après je verrai. Je les entends d’ici. Irresponsable, immature, capricieuse, sale gosse. Le vrai mot ils ne le trouveront pas. Le seul mot qui n’est pas dans leur vocabulaire parce qu’il n’est pas dans leur vie : libre.

(…) (more…)

La non-directivité intervenante (NDI)

Jeudi 3 mars 2005

Michel Lobrot est quelqu’un de très important dans ma vie. C’est la personne qui a le plus d’influence sur ma vie intellectuelle. Si j’arrive petit-Ă -petit Ă  dĂ©velopper une vie amoureuse et corporelle enrichissante, c’est principalement grâce Ă  cette influence intellectuelle et grâce aux rencontres qu’il co-organise (notamment la rencontre internationale de la NDI).

J’ai lu pratiquement tous ses livres. Je les trouve particulièrement pertinents. Malheureusement, la plupart du temps, Michel n’arrive pas Ă  Ă©crire pour les gens “qui ne sont pas dans le trip”, surtout dans le dĂ©but de ses livres. J’ai failli arrĂŞter de lire le premier livre que j’ai lu de lui - Les forces profondes du moi - parce que, comme souvent, le dĂ©but n’est pas assez centrĂ© sur la vie des gens, il n’explicite pas assez le fil conducteur pourtant pertinent. J’ai continuĂ© car j’allais le rencontrer. J’ai bien fait ! A partir de la page 78 (quand il arrĂŞte de parler de Freud), ça a Ă©tĂ© un apport d’une très grande richesse pour moi ! Les autres livres m’ont aussi beaucoup apportĂ©. Je compte travailler Ă  mettre en valeur ces livres, peut-ĂŞtre en les rĂ©sumant de manière plus accessible pour les gens “qui ne sont pas dans le trip’”…

Voici un site pour avoir un aperçu de son oeuvre : Michel Lobrot. Vous pourrez y lire des morceaux choisis par moi :-) Je vous recommande ce site !

Michel Lobrot a développé la Non Directivité Intervenante (NDI) : une approche pédagogique originale, qui comporte (bien sur) des similitudes avec celle de Rogers.

Carl Rogers

Vendredi 10 septembre 2004

J’ai lu LibertĂ© pour apprendre de Carl Rogers en première annĂ©e de prĂ©pa. Ce livre a Ă©tĂ© très important pour moi. Au dela de l’intĂŞret de sa dĂ©marche pĂ©dagogique - qui consiste Ă  allier libertĂ© et environnement stimulant -, il propose un mode de relations inter-personnelles qui m’a beaucoup plu. MĂŞme dans un cadre non thĂ©rapeutique, simplement pour prendre plaisir dans les relations, je suis convaincu qu’on a besoin d’ĂŞtre authentique (prendre conscience de ce qu’on vit Ă  l’intĂ©rieur et pouvoir l’exprimer), empathique (c’est-Ă -dire Ă©couter l’autre comme si on Ă©tait Ă  sa place), et inconditionnelement acceptant (faire confiance Ă  la personne dans le chemin qu’elle choisit pour son dĂ©veloppement, lui laisser cette libertĂ©).

Je critique Rogers sur deux points. D’une part, il s’est cantonnĂ© au domaine relationnel, sans rĂ©ussir Ă  intĂ©grer dans son approche les domaines corporels, intellectuels, sexuels, etc. D’autre part, mĂŞme dans le domaine relationnel, il n’ose pas assez, Ă  mon goĂ»t, faire des propositions, poser des questions, intervenir… Bien sĂ»r face aux autres approches de l’Ă©poque, il avait intĂŞret Ă  insister sur la non-directivitĂ©, mais je pense qu’il est allĂ© trop loin dans ce sens. Bref, l’environnement stimulant qu’il met en place est dĂ©ja pas mal, mais il me semble qu’il pourrait gagner Ă  l’ĂŞtre encore plus…

J’ai participĂ© Ă  de nombreux groupes de paroles avec les gens de la “mouvance Rogers”. J’ai Ă©tĂ© particulièrement marquĂ© par les rencontres de Willi Roes, de GĂ©rard et Bernadette Lamboy et des gens de Szines Iskola (une Ă©cole s’inspirant de Rogers, en Hongrie). J’en profite pour les remercier :-)